Par 17 voix contre 12, le conseil municipal de Vérone a adopté vendredi 25 juillet une délibération interdisant la «promotion» de l’homosexualité dans les écoles de la ville. Un observatoire censé surveiller les spectacles et activités proposés aux enfants doit également être créé pour signaler aux parents d’élèves les enseignements qui seraient contraires à leurs croyances religieuses ou morales, alertent les associations Arcigay Pianeta Urano Verona et Arcilesbica Verona ainsi que le Centre LGBT de Vérone.

UN MOUVEMENT CALQUÉ SUR LES «VEILLEURS»
Cette proposition a été mise à l’ordre du jour par le conseiller municipal Alberto Zelger. Membre de la majorité municipale, il est très proche des milieux catholiques, notamment des «sentinelle in piedi», ces militant.e.s anti-égalité calqué sur les «Veilleurs» en France. D’après les associations LGBT, seul le couple «formé d’un couple homme-femme uni en mariage, pourra être présenté comme modèle aux élèves des écoles de la ville. Pourra-t-on continuer à parler dans les écoles véronaises des penchants homosexuels de Proust, de Pasolini, voire de ce Shakespeare à qui la ville de Roméo et Juliette doit la plus grande partie de son tourisme? S’agira-t-il de promotion de l’homosexualité?»

Cette disposition serait de toute façon illégale selon les mêmes associations, car elle viole la Constitution italienne ainsi que la liberté d’expression et d’enseignement. Même si elle n’a pas encore eu de répercussion directe puisqu’elle a été adoptée pendant les vacances scolaires, elle participe d’un inquiétant mouvement de légitimation de l’homophobie. Le jour même du vote, un jeune gay a été agressé et grièvement blessé aux abords de la ville, rapportent les associations. «Cette montée de l’intolérance, particulièrement sensible dans le nord de l’Italie doit préoccuper toute l’Europe», insistent-elles.

Par ailleurs, le projet d’union civile que le Premier ministre Matteo Renzi souhaite voir voter à la rentrée pourrait connaître des obstacles imprévus, souligne la Gazetta del Sud. Le gouvernement veut restructurer le Sénat en réduisant les pouvoirs de la Chambre haute, mais les élu.e.s de cette assemblée ont amendé la refonte du Sénat en le rendant exceptionnellement compétent sur toutes les questions éthiques. La loi sur l’union civile pourrait entrer dans leur domaine de compétence et être bloquée.

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