En France, la nouvelle droite religieuse se retrouve au sein de la «Manif pour tous». Ce groupement se prétend représentatif d’une majorité silencieuse et mène un intense lobbying auprès des pouvoirs publics nationaux comme européens pour faire dominer des idéologies conservatrices. En Espagne, c’est l’organisation CitizenGo, luttant contre le droit des femmes à l’avortement, qui a obtenu un important succès cette année. D’autres pays européens connaissent des phénomènes similaires et les résultats importants de l’extrême droite aux dernières élections le reflètent.

Calquées sur le modèle du Tea Party américain, mais de façon plus disparate car la configuration n’est pas la même qu’aux États-Unis, des associations, instituts et autres types d’organisations essaiment en Europe et prennent d’assaut le Parlement et la Commission. Pendant longtemps, la droite religieuse n’a pas su se faire entendre, mais elle cherche désormais à rattraper son retard. Chaque défaite législative est l’occasion de se poser en victime du pouvoir et chaque victoire est une opportunité pour ces mêmes mouvements de montrer l’étendue de leur influence.

Si d’importants transferts de fonds de groupes conservateurs américains vers l’Europe ont été constatés, les organisations du Vieux Continent restent assez discrètes sur l’origine de leurs donateurs/trices et assurent qu’une grande partie de leurs moyens financiers proviennent d’Europe. L’étape suivante consiste pour ces organisations à s’unir au niveau mondial et une réunion a eu lieu à Washington en ce sens. Présidente de la «Manif pour tous», Ludovine de la Rochère y a assisté lors d’un récent séjour aux États-Unis.

Face à cette montée en puissance, les forces du progrès n’ont pas encore trouvé de stratégie de riposte. «Les européen.ne.s progressistes, qui ont longtemps pensé que les débats sur les droits sexuels ont été tranchés en leur faveur n’ont rien vu venir», peut-on lire (en anglais) sur Buzzfeed.

Photo Capture