«Je veux adopter cet enfant parce qu’il était déjà mon fils avant sa naissance, avant sa conception, dans le projet de famille que mon couple a construit au fil des années.» Claire et Blandine sont mamans du petit Eloi, 3 ans, né d’une PMA en Belgique. En juin dernier, elles avaient raconté leur parcours du combattant pour pouvoir donner naissance à leur enfant par le biais d’une PMA dans une tribune publiée sur Le Plus. Mercredi 30 juillet, le couple a à nouveau témoigné pour raconter cette fois les embûches rencontrées pour adopter leur fils, alors que la loi sur le mariage pour tous devait régler leur situation. Du moins, en théorie.

«Mariées l’été dernier, on a lancé la procédure d’adoption au début de l’automne, narrent Blandine et Claire. On pensait que ce serait une formalité. On rêvait de faire une grande fête de la famille cet été, et aussi qu’Eloi ait officiellement ses deux parents pour son entrée à l’école en septembre». Elles poursuivent:

«Et puis le Parquet a demandé une enquête. Celui de notre tribunal. Parce que dans la commune d’à côté, toutes les adoptions sont prononcées (sans enquête). Moi qui suis fière d’enseigner que la Révolution a mis fin à l’arbitraire de la justice…»

Et de conclure, épuisées: «La reconnaissance légale de notre famille est en suspens. Le mariage pour tous n’a pas ouvert l’adoption internationale aux couples de même sexe (la plupart des pays refusent toujours de confier un enfant à un couple homosexuel). Il devait au moins permettre l’adoption intraconjugale…»

À lire sur Le Plus.