En Espagne, les LGBTphobies constituent les principaux motifs de crimes haineux (agressions sexuelles, mutilations, menaces, vols et violences). C’est ce que révèlent les chiffres du Cuerpo Nacional de Policía, de la Guardia Civil, de la Policía Foral de Navarre et de la Policía Local que s’est procurés Cadena SER, une des plus importantes radios espagnoles.

Au total, sur 550 délits haineux comptabilisés, 235 concernent des délits homophobes, biphobes ou transphobes, soit 42,7% de l’ensemble. 124 délits sont le faits d’actes racistes et xénophobes, 124 le sont en raison du handicap de la personne, et 19 pour antisémitisme. L’Andalousie, qui est la communauté autonome la plus peuplée, est la région la plus concernée avec 93 délits LGBTphobes en 6 mois sur 166 délits au total. Suivent ensuite les communautés des Baléares et de Galice. Seules les données de la Catalogne et du Pays basque ne sont pas inclues.

En réalité, le nombre de délits LGBTphobes, et plus généralement de haine, pourrait être bien plus élevé. «Selon, l’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne entre 60% et 90% des victimes de délits motivés par un sentiment de haine ne vont pas porter plainte», explique Cadena SER. Mais pour le moment, il coïncide avec les chiffres de l’année 2013 rendus publics par le ministère de l’Intérieur espagnol, indique le site Dos Manzannas. Sur un total de 1172 délits haineux, 452 concernaient des délits LGBTphobes soit 38,6% de l’ensemble.

De leurs côtés, les principales associations LGBT espagnoles comme Colegas, la Fédération LGTB (FELGTB) et Triángulo ont exigé des mesures législatives contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie. Une proposition de loi de lutte contre les LGBTphobies est notamment bloquée depuis 2013 en Catalogne par le Parti populaire local et risque de passer aux oubliettes. Pour autant, les militant.e.s saluent le fait que les autorités espagnoles recueillent ce type de données et ce, même si, observent-ils/elles, la formation et la sensibilisation des agents de police aux délits haineux et aux LGBTphobies n’est pas encore au rendez-vous.

Photo Kevin B.