Pour la première fois et pour sa cinquième édition, la pride de Saint-Pétersbourg n’a connu aucune violence. Organisée samedi 26 juillet sur la place du Champ de Mars par la communauté LGBT locale, dont l’association Equality présidée par Yury Gavrikov, le rassemblement autorisé par l’administration municipale a réuni une petite centaine de personnes contraintes de manifester dans un espace quadrillé en vertu d’une loi sur la tenue des événements publics. Mais à la différence de la pride de 2013 qui avait dû faire face à 200 manifestant.e.s anti-gay et qui avait conduit à 60 arrestations, seules deux arrestations d’un manifestant et d’un photographe, sans suites, sont à relever.

«LA SODOMIE EST PLUS DOUCE QUE LE MIEL»
Parmi les manifestant.e.s, Kirill Kalugin brandissait un rainbow flag en lambeaux, symbole des violentes manifestations des années précédentes. De son côté, Yevgeny Prokopenko présentait une pancarte dont le slogan, «la sodomie est plus douce que le miel», lui a valu de passer une petite heure au poste, en vertu de la loi fédérale russe contre «la propagande homosexuelle» promulguée en juin 2013 par Vladimir Poutine. «C’était un message contre l’homophobie», a expliqué Yevgeny Prokopenko au St. Petersburg Times. «C’est pour montrer que les “relations sexuelles non-traditionnelles” ne sont pas mauvaises, bien au contraire. J’espère être inculpé pour ce crime, pour avoir l’opportunité d’attaquer la loi en justice et parce que je ne suis pas d’accord avec».

Pour l’un.e des manifestant.e.s cité.e par The Moscow Times, l’absence d’opposition – principalement de la part des nationalistes russes et des groupes religieux conservateurs –, cette année est due aux troubles de part et d’autres de la frontière ukrainienne où s’affrontent les troupes gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes pro-russes. En juin 2014, la ville de Saint-Pétersbourg a aboli la loi anti-gay qu’elle avait adoptée en 2012 au motif que la loi fédérale était suffisante.

Photos Alek Naza/St. Petersburg Pride