Mi-juin, l’administration Obama annonçait qu’elle ferait passer l’Employment Non-Discrimination Act (Enda) par ordre exécutif. Cette mesure permettait de passer outre les votes du Congrès et de mettre enfin en place cette promesse de campagne datant de 2008.

DU BON COTÉ DE L’HISTOIRE
Le président des États-Unis a signé hier matin l’ordre exécutif et a tenu un discours face à des militant.e.s LGBT, dans lequel il a rappelé l’importance de garantir à tou.t.e.s les mêmes chances:

«Nous devons nous assurer que ce pays que nous aimons reste cet endroit où, peu importe qui l’on est, à quoi on ressemble, d’où on vient, comment on a fait nos débuts, quel nom de famille on porte ou bien qui on aime, quoi qu’il arrive, on peut y arriver. C’est ça, l’histoire de l’Amérique. C’est l’histoire de ce mouvement. Je vous remercie tou.t.e.s d’y avoir participer. Nous venons de loin et quand je vous vois ici, vous me rappelez les énormes progrès que nous avons accompli. […] Nous sommes du bon côté de l’histoire!»

UNE MODIFICATION DES AMENDEMENTS EXISTANTS
Le décret signé par Barack Obama se décompose en deux grands enjeux: il interdit d’une part de harceler et de renvoyer une personne en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. D’autre part, il interdit toute forme de discrimination à l’encontre des personnes trans’. L’Enda concerne les entreprises sous contrat avec un État fédéral, autrement dit 28 millions de personnes dans 24 000 entreprises dans tous les États-Unis. Très concrètement, l’ordre exécutif modifie des amendements déjà existants et les étend aux motifs de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Il faut cependant ajouter qu’une disposition datant de la présidence de George W. Bush autorisant les entreprises à préférer embaucher des employés en fonction de leur croyance religieuse n’a pas été modifiée.

BARACK OBAMA A RÉSISTÉ AU LOBBY RELIGIEUX
Les organisations de défense des LGBT peuvent désormais souffler, car Barack Obama n’a pas ajouté de clause de conscience concernant les groupes religieux. En effet, de nombreuses groupes religieux et conservateurs ont fait pression pour obtenir une exemption. Une lettre signée de plusieurs d’entre eux est parvenue au président pour l’inciter à inclure cette dispense: «Alors que la nation a subi un incroyable changement social et légal durant la dernière décennie, nous vivons encore dans une nation avec diverses croyances concernant la sexualité. Nous devons trouver un moyen de respecter la différence d’opinion sur cette question de façon à respecter au mieux la dignité de toutes les parties. Il n’y a pas de solution parfaite qui les satisfera toutes pleinement. Nous savons que vous le comprenez, une exemption religieuse dans cet ordre exécutif ne garantirait pas que les organisations religieuses recevraient des contrats. Au lieu de ça, une telle exemption maintiendrait juste qu’elles ne seraient pas automatiquement disqualifiés et désavantagées en obtenant ces contrats à cause de leurs croyances religieuses.»

Barack Obama n’a pas cédé à ces pressions. Il faut dire aussi que le président démocrate n’a pas d’intérêt particulier à s’attirer les faveurs d’un électorat largement acquis aux républicain.e.s. En outre, comme il lui sera impossible de briguer un troisième mandat en 2016, il ne se met pas en danger. Après l’abrogation du Don’t Ask Don’t Tell il y a tout juste trois ans, il s’agit aujourd’hui d’un nouveau geste fort en direction des LGBT.

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