Depuis son coming-out en août en réponse à l’invitation d’un festival russe, Wentworh Miller se sent «plus épanoui», comme il le confie à Details. «Après Prison Break, j’ai été confronté au fait que mon personnage public n’avait rien à voir avec ce que j’éprouvais réellement. J’étais ouvertement gay auprès d’une poignée de personnes quand j’avais une vingtaine d’années, et quand j’ai eu 30 ans, ma famille et mes ami.e.s étaient tout.e.s au courant. Mais professionnellement, je ne faisais qu’alimenter un fantasme. J’avais cet air qui voulait dire: “On ne parle pas de ça”.»

Et pendant plusieurs années, quand on lui parlait justement de «ça», Wentworth Miller a nié ou louvoyé. «Ma tête était sur des affiches et ça faisait partie de mon travail d’agir d’une certaine façon, explique-t-il aujourd’hui. Mais je pense que le public le savait dans une certaine mesure.» Refouler, cacher, dissimuler… L’acteur ne se sentait pas en mesure de parler et a fait plusieurs dépressions. Il fait désormais partie d’un groupe de parole qui se réunit chaque semaine. «Quand on dit qu’on est triste ou qu’on pense au suicide, les gens ne savent pas quoi faire. Et c’est dommage, particulièrement pour les hommes, parce qu’on ne parle jamais de ces choses-là.»

Désormais tourné vers l’écriture de scénarios – il sera bientôt à l’affiche d’un thriller qu’il a co-écrit – il se sent plus à l’aise maintenant qu’il n’a plus à afficher un corps aux muscles saillants. «On met beaucoup de pression sur les acteurs pour qu’ils aient des tablettes de chocolat et tout ce qui va avec, confie-t-il. Mais ça n’a jamais été une obsession pour moi. J’aime grossir un peu parfois. Ça donne le sentiment qu’on est imposant et incontournable. J’ai même pesé 20 kilos de plus que mon poids actuel. J’utilisais la nourriture comme un moyen de remédier à un vide en moi. J’essayais de me construire une carapace.» Révéler son orientation sexuelle a finalement été la meilleure des protections.

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