Seth Menachem est papa d’une petite Sydney, quatre ans et d’un petit Asher, deux ans. Si l’ainée s’amuse à arborer ses robes de princesse, il se trouve que son petit frère a lui aussi la passion des rubans et des paillettes. Difficile au départ pour Seth Menachem de concevoir que le garçonnet n’est pas vraiment fan des shorts, même s’il reconnaît un certain côté pratique, comme il le raconte dans son témoignage sur le Huffington Post:

«Donc la plupart du temps mon fils est habillé comme Princesse Sofia, ou autre princesse Disney. Et en oubliant tous les préjudices sociaux, je dois dire que ça lui va bien. Et lors d’un été à 40 degrés à Los Angeles, c’est sûrement le meilleur choix. J’ai d’abord été gêné de le voir porter des robes en public. Et ce n’est pas parce que je me souciais de l’avis des gens qui pensaient que c’était bizarre. J’avais juste peur qu’ils pensent que je l’avais forcé à porter cette robe.»

«TOUT CE QUE JE PEUX FAIRE, C’EST LE SOUTENIR»
Mais désormais le père du garçon a compris qu’il devait respecter son fils et ses choix vestimentaires. Seth Menachem raconte que ses tenues créent parfois des critiques ou un malaise auprès de certains adultes. Mais, bon pédagogue, il tente d’expliquer que les robes d’Asher ne constituent pas un problème: «J’ai gardé mon calme. Et je leur ai expliqué qu’il n’y avait aucun lien entre porter une robe et être gay. Et si effectivement il est gay, ce n’est pas moi qui l’aurai provoqué. De nombreuses personnes nous soutiennent. Quand je leur dis que mon fils est un garçon, ils sourient et me répondent: “J’adore.” Un ami gay m’a vu au festival Jazz at LACMA vendredi soir, et m’a dit: “Je ne portais pas de robe quand j’étais petit”. Comme pour me rassurer sur le fait que mon fils n’est pas gay. Cet homme ouvertement homo, marié, était en train d’essayer de me rassurer par rapport à un problème qui n’existe pas. Si mon fils est homo, alors qu’il en soit ainsi. Peut-être qu’il l’est. Peut-être pas. Peut-être qu’il se travestira. Peut-être pas. Je n’ai aucun contrôle là-dessus. Tout ce que je peux faire, c’est le soutenir. Ce qu’il y a de plus triste dans cette histoire, c’est le sentiment de mon ami par-rapport à son homosexualité. Comme si c’était une malédiction.»

PAPA EN ROBE
Et puis un jour, Seth Menachem a dû lui aussi sauter le pas: «Sydney m’a dit qu’elle voulait que je porte une robe moi aussi “Ce sera trop rigolo”. J’ai dit non, mais elle m’a supplié. J’ai dit “Les gens vont se moquer de moi”. Elle a répondu “S’ils se moquent, je leur dirai de s’en aller”. Et je ne pouvais pas me battre contre ça, alors je me suis glissé dans la robe la plus flexible de Carrie. On a promené le chien dans le quartier, et le plaisir qu’ont eu les enfants à voir leur père sortir de sa zone de confort a pris le dessus sur l’humiliation que j’ai ressenti. Carrie est arrivée à la maison et j’ai vu sa mâchoire se détendre du bout de la rue. Elle a ri. Elle a pris une photo. Et a dit que j’avais intérêt à ne pas la déchirer. Et puis on est sorti prendre une pizza.»

Une jolie tranche de vécu, qui fait écho à d’autres histoires qui font chaud au cœur, comme celle de Nils Pickerts ce papa qui avait décidé de porter une robe en solidarité avec son fils.

A lire sur Huffington Post en français et sur XoJane en version originale

Photo Seth Menachem