En 2013, il y a eu 1,5 million de morts du sida. C’est encore énorme, mais c’est un tiers de moins qu’en 2005, où le plus grand nombre de décès avait été enregistré. Le nouveau rapport d’Onusida, le programme des Nations unies en charge de la lutte contre l’épidémie, se veut positif. Michel Sidibé, le directeur exécutif d’Onusida, ose même évoquer «la fin du sida».

Parmi les autres chiffres encourageants, le nombre de personnes nouvellement infectées continue de décroître dans la plupart des régions du monde. Il y a eu «seulement» 2,1 millions de nouvelles infections par le VIH en 2013, une baisse de 38% par rapport à 2001. Durant les trois dernières années, les nouvelles infections ont baissé de 13%. Dans le détail, dans les 82 pays où les données sont plus précises, les nouvelles infections ont baissé de 75% dans 10 pays, et de plus de 50% dans 27 pays.

Les progrès sont aussi très significatifs chez les enfants. En 2013, 240.000 enfants étaient infectés par le VIH. C’est 58% de moins qu’en 2002. Dispenser des antirétroviraux aux femmes enceintes séropositives a permis d’éviter l’infection chez plus de 900.000 enfants depuis 2009.

Toujours selon l’Onusida, près de la moitié des personnes infectées connaissent leur statut sérologique. Parmi ceux qui vivent en Afrique sub-saharienne, la région la plus touchée, le taux de couverture par les médicaments est de 86% et 76% d’entre eux sont en succès thérapeutique. Depuis 1995, les traitements antirétroviraux ont évité 7,6 millions de décès dans le monde, dont 4,8 millions en Afrique sub-saharienne. Mais ce tableau plutôt encourageant ne doit pas masquer les nombreux obstacles sur le chemin vers la fin du sida.

Le sida peut toucher tout le monde explique le rapport, mais certaines populations sont plus vulnérables: les usager.ère.s de drogues injectables, les prisonnier.ère.s, les gays, les trans’ et les travailleur.se.s du sexe notamment. Dans plusieurs parties du monde, les contaminations parmi les gays augmentent fortement. Chez les trans’, la stigmatisation aggrave le risque d’infection.

De plus, «22 millions de personnes n’ont pas accès à un traitement salvateur », rappelle Michel Sidibé. Seuls 38 % de l’ensemble des adultes vivant avec le VIH, dont certain.e.s sans le savoir, bénéficient d’un traitement, contre 24% des enfants. Des efforts doivent donc être faits pour augmenter les contributions des pays riches. L’Onusida estime qu’il faudrait de 22 à 24 milliards de dollars (contre 19,1 l’an dernier) pour financer efficacement le programme.

En outre, le nombre de personnes vivant avec le virus du sida a encore légèrement progressé l’an dernier, passant à 35 millions en 2013, contre 34,6 millions en 2012.

Illustration Fabien Guénot