C’est avec beaucoup d’émotion dans la voix que les proches de Gilles Dumoulin évoquent aujourd’hui son sourire et sa joie de vivre. Le militant pour les droits des personnes LGBT est mort cette nuit à Marseille des suites d’un cancer du pancréas. Il avait contribué à la création d’un gratuit gay à Paris à la fin des années 90 avant de partir vivre à Marseille où il a activement participé à l’organisation de gay prides.

«SON RIRE SI PARTICULIER…»
«C’était un homme d’une extrême générosité, confie Suzanne Ketchian, qui a co-dirigé la LGP Marseille avec Gilles Dumoulin. Il avait une joie de vivre qu’il savait communiquer. Et puis surtout, il aimait partager, avec un côté protecteur, il prenait les choses en main. Il était juste, droit. Il avait des convictions et il y tenait. Je garde le souvenir de quelqu’un qui avait des valeurs et qui n’y dérogeait pas. Au-delà de la communauté LGBT, on a perdu un homme qui savait tendre la main.»

Un autre militant, Stéphane Corbin, l’a côtoyé et témoigne de la bonne humeur de Gilles Dumoulin. «Il ne prenait pas la vie à la légère, mais de façon très joyeuse, ce qui montre probablement que tout n’a pas été joyeux pour lui. Malgré tout, il a toujours gardé son sourire et son rire si particulier… C’était sa signature. Il n’avait pas forcément les codes et les attitudes du monde associatif, mais il allait toujours jusqu’au bout.» «Il ne se départait jamais de son sourire, complète Sophie Roques, responsable de HES Marseille. Pendant les dernières semaines, beaucoup de personnes — des collègues de travail, des personnes du monde militant — ont été là pour lui rendre ce qu’il nous a donné.»

Sur Facebook, plusieurs messages ont été publiés à son endroit. On retiendra notamment ce petit mot de Nicolas Gougain, ancien porte-parole de l’Inter-LGBT: «Très triste ce soir, l’ami Gilles Dumoulin nous a quitté. Je retiens de lui son engagement sincère et constant en faveur de nos combats, ses sourires, sa grande générosité, son humanisme. Tu nous as quitté trop tôt, tu vas nous manquer. Repose en paix Gilles.» Le milieu militant marseillais a perdu avec lui l’un de ses protagonistes.

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