Samedi 12 juillet, la ville de Montpellier fête sa 20e marche des fiertés LGBT. Vincent Autin, président de la LGP Montpellier Languedoc-Roussillon, l’association organisatrice, se remémore l’évolution de ce rendez-vous devenu incontournable: «Quand je suis arrivé à la LGP Montpellier nous étions entre 7000 et 8000 participant.e.s. Nous sommes 25000 désormais, donc la marche n’a pas le même visage, et la ville a changé elle aussi. En outre, l’association s’est beaucoup développée, nous sommes maintenant propriétaires de nos locaux, organisons une dizaine d’ateliers toute l’année. Nous avons beaucoup grandi, et vingt ans, c’est jeune et vieux à la fois…»

«POURQUOI EST-CE QUE LE MILITANTISME S’ARRÊTE EN ÉTÉ?»
Cette édition ne se limitera pas la seule marche, puisque dès ce soir à 19h30, se tient une rencontre intitulée «Des émeutes de Stonewall à aujourd’hui» avec la maire honoraire de Montpellier Hélène Mandroux, Stuart Milk, président de la fondation Harvey Milk (qui était présent à Paris hier, pour un débat co-animé par Yagg), Gilbert Baker, créateur du drapeau arc-en-ciel et ami d’Harvey Milk, Alan Reiff, co-président du comité d’organisation World Pride et Hans de Meyer, président de l’European Pride Organisers Association. Samedi, un forum des associations se tient à partir de 16h et la marche commence à 18h du jardin du Peyrou pour rejoindre le parvis de la mairie (arrivée prévue à 21h). L’horaire a de quoi surprendre mais prend tout son sens avec les explications de Vincent Autin:

«Ce n’est pas si inhabituel de faire une marche à 18h, insiste-t-il, c’est même assez logique puisque nous sommes une ville méditerranéenne. Pour le confort de notre public, pour des raisons de sécurité afin d’éviter des malaises dus à la chaleur et à la déshydratation, il est mieux d’organiser l’événement à ces horaires, comme ça se fait en Espagne par exemple.»

Le président de la LGP explique aussi pourquoi la marche de Montpellier a été organisé mi-juillet: «Pourquoi est-ce que le militantisme s’arrête en été? Avec nos homologues marseillais et niçois, nous avons vu que juillet permettait de toucher plus facilement les touristes, qui ne vont pas forcément d’eux-mêmes à ces événements. C’est tout à fait pertinent.» Pour bénéficier de cet impact économique et touristique, les marches de Marseille, Nice et Montpellier occupent effectivement chacune un week-end de la première moitié du mois de juillet.

«PAS DES DROITS DE CAPRICE»
Avec son affiche et ses mots d’ordre résolument politiques, la marche de demain sera une nouvelle fois l’occasion de signifier au gouvernement que ses reculs sur les questions d’égalité ne sont pas acceptables: «La marche conserve son esprit militant, nous connaissons la valeur de l’égalité et à quel point le combat pour l’obtenir peut être douloureux, déplore Vincent Autin. Aujourd’hui nous nous adressons à un gouvernement de gauche de la même manière que nous adressions à un gouvernement de droite.

Mais il se trouve que François Hollande n’a réalisé que trois des douze promesses qu’il nous a faites. Après la célébration de l’an dernier, il y a une vraie déception chez les LGBT. Mais aujourd’hui nous devons nous remettre en ordre de marche. Les droits que nous réclamons ne sont pas des droits de caprice. Et les militants que nous sommes ne sont pas rattachés à un parti politique, mais bien des empêcheurs de tourner en rond.»

Retrouvez toutes les informations sur la marche de Montpellier, ainsi que l’application Gay Pride Montpellier, sur le site de la LGP.

La saison 2014 des Marches se terminera avec la Pink Parade de Nice, samedi 19 juillet.