Mercredi 9 juillet s’ouvrait en première instance au sein de la 10ème chambre du tribunal correctionnel de Paris le premier procès des Femen pour «dégradation en réunion dans un lieu cultuel», lors d’une action menée le 12 février 2013 à l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame en plein débats sur le mariage pour tous. Après cinq heures d’audience, 1500 euros d’amende ont été requis à l’encontre de neuf des militantes du groupe féministe emmenée par l’ukrainienne Inna Shevchenko, et 250 à 500 euros contre les trois membres du service d’ordre de la cathédrale pour des violences causées sur les Femen. Verdict du tribunal correctionnel le 10 septembre prochain.

«On ne conteste pas l’existence même de ce procès, on s’y rend et on a envie aussi que justice soit faite parce que nous on a subi des violences», avait déclaré à l’AFP TV, Marguerite, une des neufs militantes interrogée avant l’audience. Elle ajoute: «Et pour ces faits là, nos agresseurs doivent être jugés. On a envie que ces violences soient reconnues. Après le procès qui nous est fait, nous, c’est un procès pour blasphème. On ne va pas se voiler la face. Tout le monde sait que la cloche Marcel n’a pas été abîmée. On ne conteste pas l’existence de ce procès, il est intéressant, au contraire cela donne l’occasion de parler de la place de l’Église catholique en France».

«On continuera à attaquer les institutions religieuses en France tant qu’elles continueront à prendre tant de place que ça dans l’espace public, dans les débats de société, dans les mœurs.»

LE PROCÈS D’ÉLOÏSE BOUTON REPORTÉ AU 15 OCTOBRE
Vendredi 11 juillet, c’était au tour d’Éloïse Bouton, membre du mouvement des Femen de comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris pour «exhibition sexuelle» lors d’une action menée le 20 décembre 2013 dans l’église de la Madeleine pour dénoncer les restrictions annoncées du droit à l’avortement en Espagne. Mais le président du tribunal, juge unique, a décidé de renvoyer le procès au 15 octobre devant un collège de trois juges «en raison de la complexité de la question de principe qui se pose».

Contactée par Yagg, la jeune femme qui a quitté le mouvement des Femen «trouve aberrant que l’on décrédibilise et que l’on dénature toujours le sens du militantisme féministe en invoquant la maladie mentale ou une pathologie sexuelle». Elle poursuit: «le simple fait d’être condamnée pour exhibition sexuelle détourne le contenu de mon action. Je ne me suis pas rendue à la Madeleine avec une intention sexuelle mais avec une intention politique et militante». Éloïse Bouton tient à remercier toutes les associations LGBT et les militant.e.s féministes présentes pour leur soutien: Osez Le Féminisme, Femen, Les Effrontées, ainsi que des membres de FièrEs, les Zimbes, la Barbe, et l’ex-Femen Amina Sboui. Elle encourt 15000 euros d’amende et une peine d’un an de prison ainsi qu’une inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS) à la suite de la plainte déposée par le Père Bruno Horaist, curé de la paroisse de la Madeleine.

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