C’est dans un post de blog qu’il a intitulé «Seeing Through the Fog» (en français, «Voir à travers la brume») que le footballeur américain Brad Thorson a décidé de faire son coming-out le 4 juillet, jour de fête nationale aux États-Unis: «On m’a dit de nombreuses fois que le processus de coming out est cathartique. Pourtant depuis que j’ai assumé ma sexualité, je pensais que c’était laborieux et pas nécessaire. C’est en tout cas ce que je continuais à me dire.

Alors aujourd’hui, je vais mettre des mots là-dessus sans regarder en arrière. Je suis gay. Je suis aussi un athlète. Pendant des années, j’ai lutté pour unir ces deux identités dans ma tête. Avant que ma carrière sportive se termine, je ne me suis pas autorisé à comprendre ma sexualité. Aujourd’hui, trois ans plus tard, je suis enfin prêt à le partager avec des gens.»

INSPIRÉ PAR MICHAEL SAM ET JASON COLLINS
Cet ancien membre d’équipes universitaires dans le Wisconsin et au Kansas, puis chez les Arizona Cardinals en 2011, l’affirme. Les coming-out de Jason Collins, de Michael Sam ou de Brian Sims ont été déterminants pour l’aider à franchir ce pas: «Sans la force de ces athlètes, j’en serais encore à me débattre avec cette dissonance cognitive. Chacune de leurs histoires a renforcé l’affirmation qu’il n’y a rien de mal à être athlète de compétition et homo. Tout comme leurs histoires m’ont aidé à me comprendre et à m’accepter, j’ai atteint un point dans ma vie où j’espère aider quelqu’un d’autre à comprendre son identité en tant qu’athlète gay ou lesbienne.»

«J’AURAIS DU M’Y ATTENDRE»
Interviewé dans Outsports, juste après la publication de son texte, Brad Thorson a expliqué qu’il a tout de même été un peu difficile de vaincre son appréhension… mais qu’il est bien loin de regretter d’avoir pris la parole:

«J’étais si nerveux avant de l’écrire, raconte le sportif, mais une fois que c’était fait, j’étais fier et ce n’était plus quelque chose que je voulais cacher. Dès que je l’ai envoyé, tout s’est dissipé et je me suis souvenu que mes ami.e.s et ma famille me soutenaient déjà. Ça a été un vrai soulagement après coup. Tous les gens qui ont été touchés ne m’ont apporté que du soutien J’aurais du m’y attendre depuis le début.»

UNE PEUR ANCRÉE
Le titre de son texte est un jeu de mot à double sens, car «The Fog», au-delà de signifier le brouillard est aussi le nom de son équipe de rugby à San Francisco, auprès de laquelle il a trouvé beaucoup de soutien. Car certaines craintes restent difficiles à oublier, après des années à dissimuler son orientation sexuelle dans le milieu du sport: «Je n’oublierai sûrement jamais mon état de nerfs alors que j’allais à mon premier entraînement. Sans doute, était-ce plus angoissant que de rentrer sur un terrain de football contre une des meilleures lignes de défense du pays. A 26 ans, ma peur d’être outé était encore aussi forte.»

Photo Brad Thorson