Tout comme Serena Williams ou Michael Phelps, la footballeuse américaine Megan Rapinoe, qui avait fait son coming-out en juillet 2012, a participé au numéro spécial Body Issue du magazine américain ESPN. En plus d’avoir participé au shooting photo, la sportive est revenue sur son coming-out.

Parler ouvertement de son homosexualité s’est imposée à la footballeuse, qui a toujours eu conscience de l’importance de son geste pour faire avancer les mentalités. Mais au-delà, il s’agissait aussi pour elle d’être cohérente avec les valeurs qu’elle défend: «Je pense que c’est un peu gênant quand tout le monde sait que tu es homo mais que tu ne le dis pas. J’ai réfléchi au coming-out presque un an avant de le faire. J’y ai pensé sérieusement dans l’avion en rentrant de la Coupe du Monde, pendant que je parlais tranquillement avec mon amie Lori Lindsey. Elle m’a dit “Meuf, tu devrais juste faire ton coming-out”. Elle avait raison. Tout le monde dans ma vie savait. Si on veut défendre l’égalité des droits et se battre pour, mais sans être capable de le faire pour soi-même et de dire « je suis homo », ça commence à être un peu bizarre. Je voulais être out pour les Jeux Olympiques de Londres. Ma petite amie venait avec moi et ma famille était là bas, ça paraissait être le bon moment. Je voulais juste que ça touche le plus de gens possible».

Cette interview pour ESPN était aussi l’occasion de parler de son rapport au corps, et notamment les carcans imposés pour rentrer dans certaines normes de masculinité ou de féminité: «Je me sentais plus comme un garçon manqué en grandissant, et soudain j’ai eu des seins. Et ça n’allait pas avec mon corps. Ils étaient un peu gros, et je me disais “Je sais pas ce que ça fait là. C’est bizarre.” Je crois que c’est un domaine où même aujourd’hui, si je ne m’entraîne pas beaucoup, je vais grossir un petit peu, et c’est quelque chose dont je suis consciente. A part ça, j’ai toujours été plutôt à l’aise avec mon corps. Notre société est dominée par cela. Plus particulièrement pour une femme. Comme si on devait avoir un certain type de corps, ce genre de hanches, et c’est fatigant.» Quant à sa condition physique sur le terrain, la sportive sait où sont ses points forts: «Je ne suis pas super musclée, ou super rapide, ou super forte. Et c’est bien, pour une raison. Au football on n’a pas besoin d’être la plus grande, la plus forte ou la plus rapide. Ça a plutôt à voir avec la façon dont on comprend le jeu et comment le cerveau travaille avec le corps.»

Découvrez le making-of de la séance photo pour ESPN Body Issue:

making of espn megan rapinoe
(Cliquez sur l’image pour voir la vidéo)

Photos: The Body Issue, ESPN