À l’issue d’une étude menée sur 500 enfants issu.e.s de familles homoparentales australiennes, une équipe de chercheurs de l’université de Melbourne est parvenue à la conclusion que ces enfants sont en meilleure santé et ont un niveau de bien-être supérieur de 6% à la moyenne. Cela confirme les premiers résultats parus l’an dernier. Selon les auteur.e.s de cette étude, il s’agit de la plus grande enquête menée à ce jour dans le monde sur cette population.

«DES FOYERS PLUS HARMONIEUX»
«Ces enfants grandissent dans divers types de familles: certain.e.s sont issu.e.s de relations hétérosexuelles précédentes, d’autres sont né.e.s grâce à des techniques de procréation médicalement assisté et d’autres vivent en situation de coparentalité», a expliqué le docteur Simon Crouch, qui a mené l’étude. En ce qui concerne le tempérament, l’humeur, le comportement, la santé mentale, la gestion des émotions et l’estime de soi, aucun écart significatif avec la population générale n’a été décelé. Pour le docteur Simon Crouch, les taux élevés relevés pour la santé et le bien-être sont liés à la structure même des familles homoparentales: «Les parents attirés par des personnes de même sexe partagent l’éducation des enfants et les responsabilités professionnelles de façon plus équitable que dans les familles où les parents sont hétérosexuels, avec une répartition fondée sur les compétences plutôt que sur des rôles genrés. Il semble que cela contribue à bâtir des foyers plus harmonieux et que cela a un impact positif sur la santé des enfants.»

D’après lui, les responsables politiques opposés à l’égalité des droits devraient prendre en compte ces résultats: «Des politicien.e.s australien.ne.s et d’autres s’opposent toujours à l’ouverture du mariage et à l’adoption par des couples de même sexe au motif que les enfants doivent être élevé.e.s par le couple marié que forment leur mère biologique et leur père biologique pour que tout se passe bien. Cette étude montre que les enfants peuvent se développer dans d’autres contextes familiaux et que la façon dont ces familles sont structurées apporte des avantages particuliers à la santé et au bien-être des enfants.»

L’HOMOPHOBIE NUIT
Un bémol de taille a cependant été relevé lors de l’enquête: deux tiers des enfants sondés ont été confrontés à des situations stigmatisantes en raison de l’orientation sexuelle de leurs parents. Ces réactions hostiles ont eu une influence négative sur leur bien-être émotionnel et mental. «Le problème peut être léger, comme des lettres en provenance de l’école adressées à monsieur et madame, a noté le docteur Simon Crouch. Mais ça peut aussi être un conflit ouvert et blessant, avec du harcèlement et des violences à l’école. Nous avons découvert que plus on stigmatise ces familles, plus l’impact sur le bien-être émotionnel et social est important.» D’autres résultats devraient être dévoilés dans les prochaines semaines. En France, la première enquête de ce type a débuté il y a quelques semaines et recherche activement des familles homoparentales désireuses d’y contribuer.

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