Résidant au Royaume-Uni depuis quatorze ans, Orashia Edwards est menacé d’être expulsé vers son pays d’origine, la Jamaïque. Même s’il est bisexuel, le bureau de l’immigration à Leeds, ville où il habite, a rejeté sa demande d’asile. Malgré les preuves qu’il a présenté dans son dossier, la cour a conclu qu’Orashia Edwards avait été «malhonnête» au sujet de sa sexualité.

«TRAITÉ COMME UN CRIMINEL»
Aujourd’hui âgé de 32 ans et papa d’une petite fille d’un an, Orashia Edwards voit ce verdict comme une façon de dire que sa bisexualité lui permet de «choisir entre les hommes et les femmes». Zareen Preston, sa représentante et cofondatrice de l’Immigration Legal Advice Centre, critique aujourd’hui vivement la décision qui a été prise: «Il a été cohérent à propos de sa sexualité. Il a fourni tout ce qu’il pouvait pour prouver son affaire et la procédure  judiciaire dure depuis deux deux ans. Il est venu au Royaume-Uni pour trouver une protection et a été traité comme un criminel par le même système qui aurait du le protéger de la même façon que tous les autres véritables demandeurs d’asile qui risquent des persécutions dans leur propre pays. Personne ne devrait vivre dans la peur en raison de sa sexualité». Un retour dans son pays natal serait pour Orashia Edwards un arrêt de mort, comme il l’explique lui-même: «D’abord parce que c’est un crime en Jamaïque d’être bisexuel. Et deuxièmement, je n’ai plus de famille là-bas, alors ce serait très dur et je pense qu’il faudrait que je cache qui je suis.» La Jamaïque condamne encore aujourd’hui les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes par de lourdes peines de prison, sans compter que les crimes de haine contre les personnes LGBT ne sont pas punis dans une société encore très traditionaliste et hostile envers les minorités sexuelles.

L’EXPULSION D’ORASHIA EDWARDS REPOUSSÉE
La cour a maintenu son jugement concernant Orashia Edwards: «Il a été jugé que M. Edwards n’a pas besoin de la protection du Royaume-Uni, et cette décision a été confirmée par la cour par un juge de l’immigration indépendant qui n’a pas estimé que sa requête était crédible». Alors qu’il devait être expulsé le 2 juillet, son vol a finalement été annulé, ce qui signifie cependant que son expulsion a été seulement repoussée. Une mobilisation s’est créée pour protester contre l’expulsion d’Orashia Edwards. Plusieurs rassemblements à Leeds ont eu lieu et une pétition, ainsi qu’une page Facebook ont été lancées pour récolter du soutien. Un documentaire, intitulé State of Limbo, est actuellement en cours de réalisation sur son parcours. Découvrez-en un extrait:

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