Sur le site du magazine lyonnais Hétéroclite, le rédacteur en chef Romain Vallet signe une tribune sur la polémique qui a entouré la Marche des fiertés de Lyon cette année (photo). Pour rappel, le mot d’ordre choisi par la LGP de Lyon était «Droits des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution: nos corps, nos choix!». Ces revendications relatives au travail du sexe et à la gestation pour autrui ne convenaient pas à certaines associations qui s’étaient désolidarisées du cortège (lire notre article Marche des Fiertés à Lyon: GPA et prostitution, les revendications qui détonnent). Quelques semaines après l’événement, Romain Vallet tient à rappeler cette polémique aura finalement eu du bon, et affirme par ailleurs que les travailleurs/euses du sexe ont une place tout à fait légitime aux côtés des personnes LGBT. Extrait:

«Comme les personnes LGBT, les personnes prostituées sont victimes de violences et font l’objet d’une stigmatisation sociale en raison de leur activité sexuelle. Par ailleurs, les discriminations dont souffrent encore les personnes LGBT peuvent conduire certaines d’entre elles à la précarité (à la perte d’un toit ou d’un emploi, par exemple), ne leur laissant parfois d’autre choix que la prostitution; c’est sans doute une des raisons de leur surreprésentation parmi les travailleurs et travailleuses du sexe. C’est pourquoi la présence de ces derniers dans les cortèges LGBT devrait être une évidence depuis longtemps, même pour ceux qui réclament “l’abolition” de la prostitution et/ou la pénalisation des clients.

Certains ont regretté que le mot d’ordre choisi cette année ait “divisé” le tissu associatif LGBT et féministe local; une “division” toute relative au demeurant, puisque sur la quarantaine de signataires de l’appel d’Osez le féminisme! 69 à se désolidariser de la Marche des Fiertés de Lyon, seuls trois avaient participé à son organisation les années précédentes tandis que l’écrasante majorité des associations membres du conseil d’administration de la LGP se montraient solidaires du mot d’ordre retenu. Mais il est des controverses qui sont parfois salutaires: sachons plutôt gré à la LGP de Lyon d’avoir organisé cette année, loin des slogans mous du genou et des revendications consensuelles que certains voudraient lui voir adopter, la Marche des Fiertés LGBT la plus politique de France.»

A lire sur Hétéroclite

Photo Mathieu Etcheverry