«Moi, la catho de droite (enfin je crois…) modérée et qui a été sincère tout du long du mouvement, se voulant respectueuse et croyant qu’il est possible d’être catholique, opposé au mariage pour tous, mais pas homophobe pour autant», se présente l’auteure du billet sur son blog. L’an dernier, elle a «tout fait»: les débats sur les réseaux sociaux, les manifestations et même l’achat de l’incontournable sweat à capuche. Mais désormais, «il prend la poussière» dans son placard.

«NOUS ÉTIONS DE BONNE FOI»
Au gré de lectures diverses, dont un article de Yagg sur le directeur d’une association de jeunes LGBT exclu.e.s qui interpelle le pape, cette femme en est venue à questionner son engagement. «Je regrette que LMPT ait contribué à libérer une parole voulant imposer un schéma familial de type bonne famille catholique à tous. Quelle place est faite à celui qui est différent? Je regrette que LMPT ait donné naissance, même involontairement, à tous les mouvements un peu plus radicaux, voire franchement homophobes. Je regrette que LMPT ait été la source (avec l’aide des grands médias, partiaux dans l’autre sens) de l’augmentation notable de la fréquentation du Salon Beige. Je regrette tout l’argent qu’on a mis dans les manifestations alors qu’on aurait pu nourrir des enfants en Afrique, offrir à des jeunes de banlieue une formation professionnelle, ou une aide médicale à des enfants lourdement handicapés. Je regrette toutes les paroles de haine qui ont été prononcées, en marge (ou pas d’ailleurs) du mouvement, et dont les médias se sont largement fait l’écho. Et pourtant, nous étions de bonne foi.»

«Une bonne partie [des autres manifestants] était probablement comme moi, des idiots utiles, de bonne foi, pensant sincèrement qu’il fallait être là, défendre ses idées, protéger l’intérêt de l’enfant, écrit-elle. Cela ne me paraît pas plus faux aujourd’hui qu’il y a un peu plus d’un an. Mais avons-nous compris les personnes en face, celles qu’on a blessées?» Si elle n’a pas changé de position concernant l’égalité des droits, elle a toutefois pris conscience que les méthodes de la «Manif pour tous», «en faisant du bruit, du nombre, du chiffre, qu’on impose aux autres», ne contribuent en rien à faire avancer les choses. Un témoignage à lire sur Je dis ça comme ça.

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