Dans une longue interview pour le site Playbill, un magazine consacré à l’actualité des comédies musicales, Jonathan Groff, vu récemment dans The Normal Heart, ainsi que dans la série Looking, est revenu sur son parcours de comédien ouvertement gay, à travers ses expériences devant la caméra et sur les planches.

L’acteur, âgé de 29 ans, explique ce qui l’a particulièrement motivé à rejoindre le casting de Looking, la série d’Andrew Haigh (qui avait aussi réalisé Weekend), une série qui selon lui, colle complètement à la réalité de ce que vivent les gays d’aujourd’hui aux États-Unis: «Je crois que ce qui m’a vraiment intéressé dans la série c’est que les personnages sont homos, mais aucun ne se débat avec sa sexualité. C’est carrément 2013-2014 comme série. Il ne s’agit que de drague en ligne. J’étais à un mariage la semaine dernière, d’un ami qui a rencontré son mari sur Internet. C’est les rencontres en ligne, c’est Grindr, c’est tout ça, et c’est un groupe d’hommes dont les plus gros problèmes dans la vie n’est pas de lutter avec le fait qu’ils sont gays, ce qui est très spécifique à notre génération… J’ai grandi dans un monde où il y avait Will & Grace, et ça a eu une importance énorme, et je me souviens qu’en 3e j’avais vu une affiche pour cette série et je m’étais dit “Ah! Ok… Intéressant.”»

C’est lorsque ce sont terminées les représentations de L’Éveil du printemps en 2009, la comédie musicale dans laquelle il interprétait l’un des rôles principaux à Broadway depuis 2006, que l’acteur a fait son coming-out. Jouer dans cette pièce a effectivement a créé chez lui un déclic:

«Quand j’étais dans L’Éveil du printemps, personne ne savait que j’étais gay. J’étais complètement et à 100% dans le placard, sauf pour mon colocataire de l’époque, qui était mon “colocataire” entre guillemets, mon petit-ami-colocataire… On vivait ensemble depuis des années. Je n’en ai jamais parlé, et tout le monde était tellement gentil. Tou.t.e.s les membres du casting ont fait preuve de respect et ont dû simplement avoir l’intuition que je ne voulais pas en parler car personne ne m’a jamais mis la pression ou ne m’a questionné.

Ils/elles savaient juste que je n’étais pas prêt, ce qui était généreux, et j’ai apprécié qu’ils/elles fassent cela, me laissait y venir de moi-même, par mon propre chemin. Et c’est intéressant… quand j’étais dans le placard, je ne m’étais jamais rendu compte à quel point j’étais fermé, jusqu’à ce que je fasse mon coming-out. (…] Un mois après avoir quitté le spectacle, j’ai fait mon coming-out auprès de Lea [Michele, son amie et partenaire de jeu dans la série Glee], auprès de mes ami.e.s et de ma famille, et rétrospectivement, quand je regarde en arrière, je me rends compte quel point j’étais dans le placard.»

Désormais Jonathan Groff garde avec lui la devise de son personnage, qui l’a énormément inspiré: «Ne laisse pas le monde te définir.»

Retrouvez toute l’interview de Jonathan Groff sur le site de Playbill

Via Towleroad.

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