Un article d’un média chinois relayé par Courrier International fait la lumière sur les thérapies aux électrochocs que plusieurs centres médicaux proposent en vue de «soigner l’homosexualité» en Chine. Un business en plein boum, tout à fait légal, auquel tente de s’opposer le centre LGBT de Pékin, en vain jusqu’ici, puisqu’il a porté plainte contre dix centres répartis dans tout le pays. Pourtant l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales en 2001, ce qui n’empêche pas des médecins de proposer des traitements à des tarifs pouvant aller jusqu’à 6500 yuans (768 euros) la séance. Les patient.e.s y sont exposé.e.s à des scènes de sexe entre personnes de même sexe, puis sont soumis.es à des électrochocs.

DES HOMOS SOUS PRESSION
Au-delà de la barbarie de ces méthodes, une autre information interpelle, le fait que beaucoup de gays et de lesbiennes se tournent d’eux/elles-mêmes vers ces thérapies. Comme l’explique l’article, même si l’homosexualité n’est plus considérée comme un trouble mental, le regard de la société et la pression pour fonder une famille à tout prix sont très clairement sources de mal-être et de dépression chez de nombreux homos, qui se tournent vers ces traitements, espérant y trouver une solution et se conformer à ce que leurs proches attendent d’eux/elles: «Le taux de mariage des homosexuels en Chine a toujours été non négligeable, que ce soit dans un souhait de faire des concessions ou pour cacher leur véritable identité sexuelle, explique l’article. Il s’agit là d’un phénomène propre à la Chine, où le nombre de femmes mariées à des homosexuels dépasse les 16 millions. Encore une frange de la société qui reste dans l’ombre… Le 16 mai dernier, le centre LGBT de Pékin a publié un rapport sur les thérapies réparatrices proposées aux homosexuels en Chine. On y apprend que plus de 10% de ces derniers envisageraient d’y avoir recours. Dans cette communauté, les troubles dépressifs sont supérieurs à la moyenne, ces personnes-là étant soumises à de fortes pressions provenant surtout de leur famille et de la société.»

À lire sur Courrier International.

Photo Nasko