Denis Duperthuy n’a pas le sentiment de vivre dans le placard. Comme il l’indique sur son blog, ce conseiller municipal d’opposition (PS) à Annecy ne s’est «jamais caché». Ses proches sont au courant, il vit avec son compagnon depuis neuf ans et cette question relevait pour lui de la vie privée. Mais il souhaite désormais clarifier les choses et répondre en toute sincérité quand on lui demande «comment va madame Duperthuy?».

«JE SUIS HOMOSEXUEL ET JE N’AI PAS À M’EN EXCUSER»
L’élément déclencheur fut la mort du jeune Peter à Valmorel. Si l’hypothèse d’un suicide n’a pas été confirmée par la police, elle a provoqué un déclic chez Denis Duperthuy: «En tant qu’élu local, ayant une présence médiatique, mon rôle est, entre autres, de mettre cette petite notoriété au service de la cause homosexuelle, écrit-il. Je veux dire à ces jeunes qu’ils ne sont pas seuls, même dans notre département de Haute-Savoie où aucun parlementaire n’a voté le mariage pour tous. Il existe à Annecy, un homme politique qui vous comprend, qui vous défend et qui veut faire avancer l’égalité des droits et reculer l’homophobie.»

La hausse des violences en raison de l’orientation sexuelle, la crainte d’être perçu comme un élu communautaire et la peur des réactions de la sphère politique, «un monde très macho et violent», l’avaient jusqu’ici poussé à rester discret. Quand même des personnes de sa famille politique ont considéré qu’il fallait accorder la priorité à l’économie «parce que ces homos ils nous gonflent avec leur mariage», il ne pouvait pas espérer des retours bienveillants de toutes parts. Ses parents aussi redoutaient qu’il soit la cible d’attaques à ce sujet, mais en révélant son homosexualité au plus grand nombre, Denis Duperthuy les désamorce: «Personne ne pourra ignorer leur connotation homophobe». Jusqu’ici, certain.e.s s’étaient permis des insinuations.

Par son témoignage, il tient à montrer qu’existent des personnes homos heureuses. «C’est à nous qui sommes plus forts de protéger les plus faibles et en particulier nos jeunes, écrit-il. C’est à nous de dire que l’homosexualité n’est ni une maladie ni un sacrilège. Que les mots du rejet peuvent tuer, que l’extrémisme religieux tue aussi ici, en France. Je suis homosexuel et je n’ai pas à m’en excuser ou à me justifier. On ne se justifie pas d’être roux ou brun, gaucher ou droitier. Je veux qu’on nous respecte et qu’on arrête de répandre la haine homophobe. Ce combat n’est pas un combat politique, c’est un combat pour l’Humanité. Le droit qu’a chaque individu de vivre heureux dans sa singularité.» Son exemple aura peut-être le mérite d’inspirer d’autres élu.e.s dans la même situation.

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