[mise à jour, 12h23] Ajout des citations de Laurence Bernard.

Suite au retrait d’une affiche publicitaire du bijoutier Chaumet dans la ville du Pecq, jugée choquante par certain.e.s habitant.e.s de cette commune des Yvelines, l’association SOS homophobie tient à rappeler le danger que représente la réaction de cette mairie: «En retirant cette affiche de l’espace public, elle pratique une censure inacceptable qui traduit et renforce la hiérarchisation des couples et des personnes selon leur orientation sexuelle. Le voile qui vient d’être posé sur cette affiche met en lumière une lesbophobie qui n’ose pas dire son nom.»

L’association met en lien cette polémique avec l’annonce de l’entrée du terme «lesbophobie» dans l’édition 2015 du Petit Robert, «le résultat», selon elle «de plusieurs années de luttes menées contre l’invisibilité des lesbiennes et contre les injures, violences et discriminations commises à leur encontre. Nommer cette forme de haine et de rejet est la reconnaissance d’une réalité que nous combattons chaque jour.»

SOS homophobie salue d’autant plus la reconnaissance de la lesbophobie dans le vocabulaire, en s’appuyant sur l’analyse de la sociologue Natacha Chetcuti: «Les violences, insultes et stigmatisations s’exercent de préférence à l’encontre des lesbiennes ou des femmes supposées l’être, qui se voient ainsi rappelées à “la place subordonnée qu’elles occupent dans l’ordre sexuel et dans l’ordre du genre”. La lesbophobie et le sexisme sont deux formes de discrimination qui se nourrissent l’une de l’autre. Ils contribuent à la création d’un climat de haine et de rejet dont l’attitude de la mairie du Pecq témoigne.»

«Je comprends leur colère et j’en suis désolée, a répondu Laurence Bernard, maire (UMP) du Pecq, citée par l’AFP. Je suis atterrée et navrée de la polémique que tout cela suscite. Je voulais pacifier les choses. Je me disais qu’en enlevant [ces affiches], je faisais un pas vers ces habitants et que je pourrais les amener à accepter l’évolution de la société sans les brusquer. Je crois que ceux qui ont demandé son retrait n’ont même pas vu qu’il s’agissait d’une interprétation du mythe de Narcisse.» Laurence Bernard «se dit “tout sauf homophobe”, rappelant qu’elle a célébré le premier mariage homosexuel de sa commune», souligne l’AFP.