Il y a des destins qui parfois se ressemblent. Avec à peine un mois d’écart, deux figures de l’électro-pop actuelle, l’une française et l’autre britannique, sortent chacune un album attendu de part et d’autre de la Manche. Elles ont toutes les deux 26 ans, sont nées en 1988, et refusent les catégories: aucune des deux ne cherche à se définir dans son genre, ni sa sexualité.

La première est LA figure montante de la pop française: Christine and The Queens, que Yagg a rencontrée tout récemment à quelques jours de la sortie de son premier album Chaleur Humaine. La deuxième: Elly Jackson, internationalement connue sous le nom de La Roux (qu’elle partageait autrefois avec Ben Langmaid, son ancien bassiste), dont le deuxième disque, Trouble in Paradise, est annoncé pour le 7 juillet prochain.

«UNE PERSONNE SEXUELLE»
Interviewée par The Guardian dimanche 25 mai, La Roux s’est une nouvelle fois expliquée sur sa façon de concevoir la sexualité. Et sa vision des choses n’a pas bougé d’un iota depuis son ascension en 2009-2010, avant son long break de quatre ans et son retour inattendu.

Si une de ses nouvelles chansons, Cruel Sexuality, peut s’interpréter de plein de manières distinctes, analyse Tim Jonze du Guardian, notamment dans ses paroles, Elly Jackson se défend d’une lecture LGBT stricto sensu: «Les gens voient le mot sexualité et pensent que tu es homo! Mais la sexualité signifie juste que tu es une personne sexuelle, et cette chanson ne veut pas dire que je suis lesbienne, ou autre chose».

Fascinée par le sens du mystère incarné par les pop stars, l’interprète du célèbre Bulletproof a toujours refusé de discuter de son orientation sexuelle afin de ne pas compromettre sa vie privée. «J’ai beaucoup débattu de ça: avons-nous vraiment besoin que tout le monde soit open à 100% sur cette question avant de passer à l’étape où ça n’a plus d’importance? Je suis consciente du désaccord qui peut exister», explique-t-elle.

Et de poursuivre : «Mais le problème, c’est que, si je dis que je suis hétéro, personne ne viendra chez moi pour prendre une photo de mon petit ami. Mais si je dis que je suis lesbienne, alors quelqu’un viendra pour photographier ma petite amie. Cela affectera ma vie».

NI HOMME, NI FEMME: «PLUTÔT FÉMININE»
De toute façon, La Roux n’a jamais été à l’aise avec les catégories, et le dit haut et fort. Notamment sur le fait d’être lesbienne, bie ou hétéro. «Je ne pense pas avoir une de ces étiquettes. Donc je ne vais pas me mettre dans un camp, ou sous une bannière. Je ne me sens pas une seule chose ou une seule autre». Elle renchérit:

«Je ne me sens ni homme, ni femme – c’est de là que vient mon androgynie. Je me sens probablement plus féminine que masculine… Mais si les gens veulent me porter en icône gay, je serai fière de l’être, mais je ne ressens pas le besoin de dire que je suis lesbienne pour ça.»

Depuis le 27 mai, un deuxième extrait de Trouble in Paradise est disponible à l’écoute en ligne. Il s’agit d’Uptight Downtown, un morceau pop très groovy, un poil plus prometteur que le très mélancolique Let Me Down Gently.

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