Le 19 mai 2013, juste après la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, Marine Le Pen était l’invitée de C politique sur France 5. Interrogée sur la nouvelle loi, elle répondait (à 56’30):

«Oui, je l’abolirai. Oui, j’en ai pris l’engagement. Je suis avocat, je suis très respectueuse de l’état de droit. Une loi n’est pas rétroactive, les gens qui se sont mariés resteront mariés parce que ce serait illégal de les démarier. En revanche, d’autres n’auront pas la possibilité de le faire.»

«La démocratie c’est de faire voter des lois et éventuellement revenir sur ces lois si la majorité change», ajoutait-elle, avant de poursuivre: «En la matière je suis pour l’amélioration du pacs, et notamment sur le plan de la transmission patrimoniale, parce que je crois que c’est la réclamation de l’immense majorité des homosexuels. Le mariage n’était qu’une revendication ultra-minoritaire portée par un micro lobby, le micro lobby LGBT devant lequel le Président de la République était à plat ventre. D’ailleurs ils ont réclamé à être reçus et 24 heures plus tard ces messieurs étaient dans le bureau du Président de la République. C’était une réclamation ultra-minoritaire. Or on ne fait pas des lois par rapport à des réclamations ultra-minoritaires.

«Et quant à l’adoption, je tiens à rappeler l’inquiétude qui est la mienne d’autoriser l’adoption pour les couples homosexuels, étant entendu que je considère que c’est le droit de l’enfant qui doit être le centre de gravité de la réflexion, et non pas le droit à l’enfant, comme on veut le penser.»

http://youtu.be/yfZyhtJW8wo

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur France 5 C politique – 19-05-2013

Un an plus tard, le parti de Marine Le Pen est effectivement arrivé en tête des élections européennes, comme elle l’annonçait (à 1h06). Le Front national tente actuellement de former un groupe au Parlement européen. Il lui faut réunir des élu.e.s de sept pays. Si Marine Le Pen refuse tout rapprochement avec les partis ouvertement néo-nazis (comme Aube dorée en Grèce par exemple), d’autres partis d’extrême droite jugent le FN infréquentable, à l’instar du parti britannique Ukip et du Parti populaire danois.