La liste des nouvelles de l’édition 2015 du dictionnaire Le Petit Robert a été dévoilée la semaine dernière. Parmi elles, le Premier ministre Manuel Valls ou l’auteure Virginie Despentes, les mots «véganisme», «selfie» ou «troll», les expressions «groupe identitaire», «vortex polaire» ou «roman graphique», mais aussi des termes que celles et ceux qui sont sensibilisé.e.s aux questions LGBT connaissent déjà bien:

«La remise en cause de certains modèles, qui a suscité récemment des réactions passionnées, trouve un écho dans Le Petit Robert avec hétéronorme (et hétéronormé), lesbophobie (et lesbophobe), masculinisme (et masculiniste), ou encore, parmi les noms propres, les activistes des FEMEN. Des crimes et délits sont reconnus et nommés: féminicide, pédopornographie (et pédopornographique)», indique le site du dictionnaire.

Dans un communiqué signé de sa porte-parole chargée de la Visibilité lesbienne Amandine Miguel, l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans’ (Inter-LGBT) «se réjouit de l’entrée du mot “lesbophobie” dans la nouvelle édition 2015 du Petit Robert et salue une décision éditoriale historique prenant enfin en compte les réalités de la société et les violences faites aux femmes». «Créé en 1998 par la Coordination Lesbienne en France (CLF) en réaction à l’invisibilisation des lesbiennes dans la société et à l’invisibilisation des violences à leur encontre, le mot “lesbophobie” se définit comme la conjugaison du sexisme et de l’homophobie en direction des femmes dont l’homosexualité est réelle ou supposée (femmes ne correspondant pas aux normes de féminité imposées par les stéréotypes de genre)», rappelle-t-elle.

«Parce que ce qui n’est pas nommé n’existe pas, il était primordial de nommer cette violence pour pouvoir la combattre.»

Regrettant l’absence des mots «biphobie» et «transphobie», l’interassociative se félicite néanmoins également du choix des termes «hétéronorme», «masculinisme» et «féminicide», «permettant la reconnaissance d’un système patriarcal qui entretient la domination des hommes sur les femmes et les violences à leur encontre. Nous souhaitons que cette excellente initiative du Petit Robert puisse être suivie par les autres dictionnaires ainsi que par l’Académie française.»

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