Ce n’est pas la première fois que les polices d’état allemandes doivent faire face à un scandale concernant leurs bases de données. Après les révélations sur la «Rosa Listen» (la liste rose, en français) en 2005, où l’orientation sexuelle des suspects était systématiquement mentionnée, c’est au tour du fichage des séropositifs d’être mis au grand jour par une motion déposée par les Verts, les Pirates et la gauche berlinoise le 7 mai dernier.

Selon Queer.de et 360° qui rapportent cette nouvelle affaire de fichage, on trouverait des mentions «danger de contagion» à côtés des noms des individus arrêtés après enquête si ces derniers sont porteurs du VIH ou de l’hépatite B ou C. Une pratique jugée discriminante et stigmatisante par le commissaire fédéral à la protection des données, qui pourrait tomber sous le coup de l’interdiction telle que décidée pour ce genre de pratique de fichage par la Chambre des représentants de Berlin en… 1988 !

Ce fichage des séropositifs a été vivement critiqué par l’opposition alors que 91 personnes ont été recensées comme «contagieuses», indique un rapport de la police berlinoise daté de février. Ce qui n’est pas sans rappeler les débats pour imposer un test VIH obligatoire aux victimes d’accidents qui font rage dans certains Länder.

À lire sur 360° (en français) et Queer.de (en allemand).

Photo Mattes