Le boycott des hôtels de luxe de la collection Dorchester, qui appartiennent au sultan du Bruneï, s’intensifie. Lancé par des personnalités comme Ellen DeGeneres, à l’annonce de la mise en place au mois d’avril d’une nouvelle législation pénale punissant de la peine de mort les relations entre personnes de même sexe par le sultanat, le mouvement de boycott – contesté par l’acteur américain Russel Crowe – atteint ces dernières semaines l’industrie de la mode.

Contactée par The New York Times, Anna Wintour, rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue, est la dernière en date à avoir déclaré qu’elle ne logerait pas au Meurice, un des hôtels de la collection Dorchester, à l’occasion de la prochaine fashion week parisienne du 25 au 29 juin prochain: «Même si je suis sensible au potentiel impact que pourrait avoir le boycott pour la merveilleuse équipe du Meurice, je ne peux pas y séjourner en bonne conscience tout comme les rédacteurs de Vogue». Une décision partagée par l’ensemble du groupe Condé Nast, qui édite le magazine.

En France, François-Henri Pinault, PDG du groupe de luxe Kening, qui regroupe Gucci, Saint Laurent ou Boucheron, entre autres, a également appelé, le 9 mai dernier, au boycott des hôtels du sultan du Bruneï, Hassanal Bolkiah, qui comprennent aussi le Plaza Athénée à Paris et le Principe di Savoia à Milan, selon Les Échos.

Et à Los Angeles non plus les milieux de la mode n’y vont pas par quatre chemins. Les designers Brian Atwood et Peter Som ont déjà fait campagne pour le boycott du Beverly Hills Hotel sur les réseaux sociaux. Apparemment avec succès. Selon Vogue UK, rien que pour la semaine du 12 mai, le groupe qui comprend l’Eden à Rome ou Le Richmond à Genève aurait perdu près de deux millions de dollars de chiffres d’affaires après l’annulation de plus de 20 événements.

Photo Janine Cheung