[mise à jour, 17h45] Une proposition de loi identique a été déposée à l’Assemblée nationale.

«Je suis militante, j’aimerais que la proposition de loi sur la PMA passe, mais je suis de plus en plus désespérée», confie la sénatrice Esther Benbassa. Dans un texte qu’elle a déposé avec plusieurs de ses collègues, elle ouvre la voie à une PMA ouverte à toutes les femmes. Malgré les engagements du gouvernement à ce sujet, elle sait qu’elle ne pourra pas compter sur son soutien. La secrétaire d’État à la Famille Laurence Rossignol a indiqué lors de la discussion de la proposition de loi relative à l’autorité parentale que le gouvernement souhaite attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Mais celui-ci va «probablement retarder le rendu de son avis pour ne pas mettre de l’huile sur le feu», pronostique Esther Benbassa.

«ILS S’EN FICHENT»
«Le gouvernement est tellement frileux… Il est de toute façon très peu sensible à ces questions», a-t-elle constaté. Alors que sa proposition de loi sur le mariage avait suscité l’intérêt du ministère de la Justice et avait poussé l’exécutif à soumettre plus rapidement un projet de loi pour ouvrir le mariage, son texte relatif à la PMA n’a pas provoqué la moindre réaction dans les ministères concernés. «On ne nous a rien dit, ils s’en fichent», en conclut la sénatrice. Et si elle sait pouvoir compter sur le soutien de quelques élu.e.s socialistes, elle reste persuadée que la majorité parlementaire s’alignera sur le gouvernement.

Mais avant même qu’un vote puisse avoir lieu, encore faut-il que le texte soit mis à l’ordre du jour. La prochaine niche parlementaire du groupe écologiste, prévue le 17 juin, est déjà réservée à des textes relatifs aux ondes électromagnétiques et au diesel. La proposition de loi relative à la PMA ne pourra donc être discutée qu’à partir de la rentrée parlementaire en septembre et la sénatrice devra convaincre les collègues de son groupe de la nécessité d’inscrire ce texte à l’ordre du jour après les résultats décevants des élections européennes: «On est encore sous l’effet du tremblement de terre. Attendons que le traumatisme passe.» Ce qui n’empêche pas Esther Benbassa de rappeler dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi l’urgence de ce texte qui répond aux risques sanitaires pris par les mères et à l’insécurité juridique dont sont victimes leurs enfants.

Une proposition de loi identique a été déposée ce mercredi 28 mai à l’Assemblée nationale par le député Sergio Coronado et le groupe écologiste.

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