Christine & The Queens, a.k.a Héloïse Letissier, est une artiste atypique qui ne rentre dans aucune catégorie. Et c’est tant mieux. À 26 ans, cette jeune chanteuse, originaire de Nantes, sort un premier album électro-pop, Chaleur Humaine, lundi 2 juin, chez Because Music, après trois EP (Miséricorde en 2011, Mac Abbey en 2012 et Nuit 17 à 52 en 2013). Un 11 titres léché et délicat où l’on retrouve notamment les (très bons) morceaux Saint-Claude – dont Yagg vous parlait il y a peu –, Nuit à 17 à 52 ou Narcissus is back.

Récemment mise en lumière par les Victoires de la musique 2014 et première partie de Stromae au mois de mars dernier, cette Half Ladies, comme elle tient à le rappeler dans Chaleur Humaine, ne sort pas non plus de nulle part. Son projet musical débute en 2010 à Londres, après des études théâtrales à l’ENS Lyon, où elle fait la connaissance des drag queens: the Queens, ses muses, sources de son inspiration artistique.

Car Christine & The Queens «revendique le droit de ne pas se définir» dans son genre comme dans sa sexualité, rien d’étonnant à ce que sa musique soit teintée de questionnements autour de l’identité ou plutôt des identités «fluctuantes». D’ailleurs, ses références musicales sont pour la plupart queers: de Klaus Nomi à Michael Jackson «arrivé à un point où ne sait plus, non plus, si c’est un garçon ou une fille ou s’il est noir ou blanc» en passant par David Bowie dans sa période Ziggy Stardust, The Knife ou des rappeurs actuels comme Mykki Blanco «dont les punchlines n’ont rien à envier aux Rick Ross et autres».

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Christine and the Queens – Narcissus is back

Dans ses chansons, comme dans ses clips, une large place est faite au trouble dans le genre (The Loving Cup, Narcissus is back, Half Ladies), mais sans délaisser des thèmes plus classiques comme l’amour, la rupture ou la mort (Science-fiction, Nuit 17 à 52). Ses textes sont abstraits, contemplatifs et plein de poésie, mélangent les langues de Molière et de Shakespeare. Sa musique empreinte d’une douce mélancolie est parfois sauvage, parfois plaintive.

Après la sortie de ce premier album prometteur, Christine & The Queens débutera sa tournée à Paris: à la Gaïté Lyrique le 18 juin, puis le 29 juin au festival de lutte contre le sida Solidays.

Photo Florian Bardou

Si la vidéo ne s’affiche pas, cliquez sur Christine & The Queens: «Je revendique le droit de ne pas se définir»