L’été dernier, le mannequin russe Pavel Petel confiait ses craintes à propos du climat anti-LGBT qui règne dans son pays. Le show-man bodybuilder de 110kg, comme il se définit lui-même, réagit dans une interview sans langue de bois à Afisha Gorod au sacre de Conchita Wurst, promue reine de l’Eurovision au suffrage européen, et au regard des Occidentaux sur les LGBT en Russie.

Pavel Petel tient aujourd’hui un discours assez éloigné de ceux qu’on entend habituellement sur la vie des LGBT en Russie. S’il rencontre quelques mésaventures sur les réseaux sociaux, il explique que les travesties en Russie sont associées au burlesque, aux clowns, bref, à l’humour, et qu’elles ne choquent pas les bonnes mœurs de la population: «Pour autant, elles n’influent en rien sur la perception du monde de la jeune génération», reconnaît Pavel Petel.

Si lui est plus à l’abri que les autres, bien que plus visible, c’est grâce à son incroyable musculature. En témoigne son discours inattendu sur les groupes de skinheads: «Pour ces types, je suis un mec qui assure grave. Ils veulent constamment se faire prendre en photo avec moi. Et allez savoir pourquoi, ils veulent aussi me sauter dans les bras, pour que je les porte.» Le bodybuilder explique que les normes sexuelles sont très différentes entre l’Europe de l’Ouest et la Russie: «Chez nous, on considère le culturisme comme un art […] Nous sommes des gens différents, nous avons été élevés dans des conditions différentes. C’est comme raisonne ma mère: “C’est un culturiste, il ne peut pas être gay!”. Mais en Occident, le symbole du gay, c’est justement l’athlète, le bodybuildeur […] En Russie, allez savoir pourquoi, on considère que le travesti, c’est l’image du gay».

L’EUROVISION, «UN TRUC POUR LES FEMMES AU FOYER»
Le discours de Pavel Petel sur la gagnante de l’Eurovision 2014 peut prêter à sourire: «Il m’a semblé que Conchita Wurst était devenue la star numéro un de l’Internet russe. Mais les gars, appelons-en aux faits: sa chanson est moyenne, son image est moyenne, de très loin pas nouvelle. Et puis l’Eurovision, c’est un événement parfaitement stéréotypé, complexé, un truc pour les femmes au foyer, les mamies. Je ne connais pas une chose au monde plus conservatrice que l’Eurovision. En Europe, cette chanson n’a même pas obtenu la vingtième place dans le classement des meilleurs ventes, mais en Russie, elle devient numéro un.»

À lire sur Le Courrier de Russie (en français) et Afisha Gorod (en russe).

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