Après avoir été élu aux élections législatives du 7 mai en Afrique du Sud, Zakhele Mbhele a prêté serment le 21 mai au Parlement: «Un rêve qui devient réalité», confie-t-il au media en ligne Mambaonline. Il devient ainsi le premier député noir et ouvertement gay du continent africain. «Je sais que mon élection constitue un jalon historique important, mais je ne m’auto-congratule pas tous les jours comme “le premier député noir ouvertement gay en Afrique”».

Avant d’entrer en politique, Zakhele Mbhele a présidé Activate, l’association LGBT de la prestigieuse université du Witwatersrand à Johannesbourg. Il a ensuite travaillé à Gala, les «archives gays et lesbiennes», une association créée en 1997 pour «répondre à l’effacement volontaire des représentations, histoires et expériences des personnes LGBTI dans les archives officielles du continent africain». Il rejoint alors le comité de management du réseau national des organisations LGBT, le Joint Working Group, tout en assurant la coprésidence de la Marche des fiertés de Johannesbourg depuis 2008. Rien que ça.

«ÊTRE LA VOIX QUI PORTE DES RÉALITÉS IGNORÉES»
Le lendemain de sa prise de fonctions, Zakhele Mbhele a répondu aux questions de Mambaonline sur son engagement LGBT: «Je pense qu’être gay me permet d’apporter une vision unique à certains problèmes qui pourraient être traités au Parlement. En tant que personne non hétérosexuelle, j’ai toujours eu le sentiment de ne pas appartenir à la majorité, et par conséquent une connaissance subtile de la marginalisation que cela peut entraîner. Beaucoup de gens demeurent insensibles aux problèmes structurels relatifs au patriarcat, à l’hétéronormativité et aux injustices économiques à cause de leur position sociale et je voudrais être la voix qui porte ces réalités ignorées».

Zakhele Mbhele condamne l’absence de réaction de l’ancien Parlement quand la loi anti-LGBT a été votée en Ouganda: «L’Afrique du Sud aurait dû affirmer plus fermement son soutien aux Droits de l’Homme».

UN EXEMPLE POUR LES JEUNES LGBT
Zakhele Mbhele revient sur le coming-out du footballer américain Michael Sam en février dernier. Selon lui, le footballer «a mis K.O. trois préjugés en même temps: les préjugés contre les hommes gays, contre les relations interraciales et contre l’homosexualité dans le sport. C’est aussi très significatif qu’il soit noir parce que les jeunes personnes LGBT noires doivent relever une kyrielle de défis en cumulant des contextes raciaux, culturels et religieux.»

Zakhele Mbhele espère que ses nouvelles fonctions permettront aux jeunes personnes LGBT «de croire en elles-mêmes et d’avoir confiance dans leur capacité de mener à bien leurs objectifs».

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