En matière de sexualité et de pratiques sexuelles, nombreux sont les clichés que l’on peut quotidiennement entendre et voir repris dans la presse. À ce jour, seule l’enquête dite «Contexte de la sexualité en France» (CSF, 2008) de Nathalie Bajos et Michel Bozon donnait une estimation récente, sérieuse et statistique des comportements sexuels des Français.e.s, après les enquêtes menées en 1970 et en 1992. Il en ressortait notamment que 4% des hommes comme des femmes disaient avoir déjà eu des pratiques sexuelles avec une personne du même sexe qu’eux. Dans son dernier numéro, en kiosque depuis le 22 mai, le magazine Marianne a fait appel à l’Ifop pour réaliser un sondage sur «Les pratiques sexuelles des Français». Une enquête menée entre le 7 avril et le 7 mai 2014 par l’institut de sondage auprès de 9850 personnes «représentatives de la population française» par la méthodes des quotas et qui fournit de nouvelles estimations statistiques des pratiques homosexuelles et bisexuelles.

6% DES FRANÇAIS.E.S SE DÉFINISSENT COMME HOMOS OU BI.E.S
Les résultats du sondage portent d’abord sur le statut marital, la fréquence des rapports sexuels, le nombre de partenaires sexuels ou l’orientation sexuelle des personnes de 18 ans et plus interrogées. Au total : ce sont donc 3% des interrogé.e.s qui se définissent comme bisexuel.le.s et 3% comme homosexuel.le.s. Deux pour cent des enquêté.e.s ne se définissent pas par leur sexualité, 1% n’a pas souhaité répondre à cette question. Des chiffres bien au-delà de ce qu’estimaient les enquêtes précédentes. Autre chiffre à relever : selon l’Ifop, 13% des Français.e.s déclarent avoir déjà eu un rapport sexuel avec une personne de même sexe (15% pour les hommes et 9% pour les femmes) bien lien des clichés que l’on peut lire sur la mode de la bisexualité chez les jeunes femmes par exemple. Des estimations qui ne sont pas loin des résultats de l’enquête CSF de 2008. Loin de l’image d’ouverture et d’affirmation que l’on donne aux 18- 24 ans, ce sont les 35-49 ans qui se déclarent plus facilement homos ou bi.e.s, puisqu’ils sont 8% à se définir ainsi (2% à ne pas vouloir se définir). Les régions Alsace, Poitou Charentes et Languedoc-Roussillon détiennent les plus hauts pourcentages de personnes se définissant comme LGB à hauteur de 9% des interrogé.e.s. Une surprise car les régions comme l’Ile-de-France ou Rhônes-Alpes arrivent derrière. LES HOMOS, LES BI.E.S ET LES HÉTÉROS CURIEUX PLUS PROCHES DE LA GAUCHE et d’EELV ? L’intérêt de l’étude est aussi de voir la corrélation entre le vote pour une formation politique et l’orientation sexuelle. Et les résultats ne sont pas si tranchés que ça. En ce qui concerne les sensibilités droite/gauche, on retrouve une légère préférence des personnes qui se définissent comme bisexuelles ou homosexuelles pour la gauche puisque 8% des interrogé.e.s qui se disent proches de la gauche se définissent sexuellement comme tels, devant la droite (7% des sondé.e.s) et le Centre Modem (4%). Mais si on détaille par parti, seuls 85% des sondé.e.s proches d’EELV se définissent comme hétérosexuel.le.s. De même, 18% des sondé.e.s proches d’EELV ont au moins eu un rapport sexuel avec une personne de même sexe. Un pourcentage de deux points supérieurs aux enquêté.e.s proches du Front de Gauche et du Parti Socialiste (16%) et… du Front National (15%). Les intentions de vote des interrogé.e.s ayant au moins eu une expérience homosexuelle pour les élections européennes sont d’ailleurs favorables en majorité aux partis de gauche, EELV en tête, autour de 17%, suivi du PS et du FN (15%), du Front de Gauche (12%) puis du Centre et de l’UMP (10%). La suite des résultats de l’enquête sont à retrouver sur le site de l’Ifop. Photo See-ming Lee