Un zap à base de paillettes et de faux sperme survenu la semaine dernière à l’endroit de la secrétaire d’État à la Famille Laurence Rossignol a été qualifié «d’agression intolérable des lobbies LGBT» par le député Jean-Frédéric Poisson (UMP). Son homologue Marc Le Fur (UMP) a quant à lui tenu à assurer la secrétaire d’État de son soutien hier, lundi 20 mai, pendant la discussion de la proposition de loi sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant. «Je voudrais, à la suite de l’agression dont vous avez été victime voilà quelque temps de la part du réseau LGBT, vous exprimer ma solidarité et mon soutien», a indiqué le parlementaire.

UN AIR DE DÉJÀ VU
Laconique, Laurence Rossignol a répondu: «Je m’en passe très bien!», ce qui n’a pas empêché le député de poursuivre: «Cette agression était d’autant plus surprenante qu’elle était déplacée et vulgaire. Ce soutien s’adresse donc tant à votre personne qu’à la fonction que vous exercez. Ce qui m’étonne, madame la secrétaire d’État, c’est de ne pas avoir entendu d’expression de solidarité de la part de beaucoup de membres du gouvernement, non plus que du Premier ministre, qui fut pourtant un ministre de l’Intérieur particulièrement répressif. Admettons à titre de comparaison que vous ayez été victime d’une agression de bien moindre ampleur de la part de personnes défendant des thèses différentes de celles du réseau LGBT, par exemple des thèses favorables à la famille; que n’aurions-nous pas entendu alors, mes chers collègues! J’imagine aisément quels auraient été les gros titres, quelles auraient été les réactions offusquées et les prises de positions des uns et des autres! Là, c’est au contraire le silence! Vous regardez vos chaussures, les uns et les autres! Rien ne se passe! Madame la secrétaire d’État, s’il n’y en a qu’un pour vous exprimer un soutien républicain, ce sera moi; je vous prie de m’en excuser.»

Son intervention terminée, le député a pu se rasseoir sous le regard impassible de Laurence Rossignol. D’autres députés UMP ont ressassé le débat ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Cette loi a débuté «l’œuvre de destruction du code civil» et la proposition de loi sur l’autorité parentale continue dans la même lancée, a critiqué Philippe Meunier, tandis que Nicolas Dhuicq a estimé que les communistes sont entré.e.s «dans la société bourgeoise» car ce groupe parlementaire a voté l’ouverture du mariage «alors qu’il y avait un aspect révolutionnaire de l’homosexualité dans le fait de ne pas se marier»… Une déclaration ponctuée de rires sur les bancs des groupes UMP et UDI, précise le compte-rendu de la séance.

«COUARDISE»
Pendant la discussion générale sur la proposition de loi, Sergio Coronado (EELV) a rappelé l’importance d’ouvrir la PMA et le fait que le gouvernement avait promis cette avancée: «Le gouvernement, après avoir pris un engagement, y a renoncé et vous ne cessez, depuis votre nomination, madame la secrétaire d’État, de donner, au nom de l’apaisement, des gages à celles et à ceux qui, au nom de la protection de l’enfant, ont banalisé les discours de stigmatisation et de discrimination, alimentant une homophobie ambiante qui se traduit depuis bientôt un an par des actes d’une grave violence, a déclaré le député. À toutes les femmes en couple, qui souhaitent que leur projet parental soit reconnu par la loi comme légitime et ne veulent plus bricoler ni traverser les frontières pour devenir mères, qu’offrez-vous? D’emprunter le train comme le faisaient tant de femmes il y a quarante ans, avant l’adoption de la loi leur permettant de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Je crois sincèrement que la stratégie d’évitement du gouvernement montre ici ses limites.» Il a par ailleurs fustigé la «couardise» du gouvernement qui a préféré passer par des propositions de loi plutôt que par un projet de loi.

Avec Véronique Massonneau, il a maintenu son amendement pour qu’existe une présomption de parenté à l’égard des mères sociales d’enfant nés de PMA à l’étranger. Cet amendement sera étudié ce mardi 21 mai ou demain.

Photo Assemblée nationale