Militante et photographe, iO Tillett Wright a lancé il y a trois ans le projet Self Evident Truths dans le but de capturer les visages de la communauté LGBTQ américaine dans toute sa diversité. Comme elle le dit elle-même, il s’agit de représenter ces «zones grises» du spectre LGBTQ et tou.t.e.s ceux et celles qui ne s’identifient pas comme étant 100% hétéro. Aujourd’hui, le projet est connu sous le slogan We Are You: «C’est toute l’essence du projet en trois mots, explique-t-elle, que nous sommes tou.t.e.s pareil.le.s, nous sommes tou.t.e.s uniques!»

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Pour iO Tillett Wright, il est primordial aujourd’hui de donner aux jeunes des images de la communauté LGBTQ, notamment lorsqu’ils/elles n’ont pas de modèles autour d’eux/elles:

«C’est ça être un enfant: on a des coupes de cheveux atroces, des pantalons moches, on se fait des tas de piercings qu’on finit par enlever à 20 ans. Notre pays s’est construit sur la quête du bonheur, et on enlève la possibilité à des enfants d’être heureux/ses en leur disant qu’une partie de leur personnalité fait d’eux ou d’elles des anormaux. C’est là que nous intervenons.»

10000 PORTRAITS À WASHINGTON
iO Tillett Wright souhaite photographier au total 10000 portraits pour créer par la suite une installation devant le Washington Monument. Aujourd’hui, elle a réussi à faire plus de 4500 photos et a parcouru une cinquantaine de ville à travers tous les États-Unis. Elle a réussi à recueillir de nombreux soutiens chez des artistes, notamment Sia, Kylie Minogue, Steve Buscemi, Olivia Thirlby, ou encore Kyp Malone du groupe Tv On The Radio. En soutien à We Are You, le magazine Vogue a accueilli un shooting pour iO Tillett Wright, où ont notamment été prises en photo la mannequin Freja Beha Erichsen, la chanteuse Azealia Banks (ci-dessous), ou encore la conseillère municipale de la mairie de New York Christine Quinn.

Azealia Banks - iO Tillett Wright - Vogue

QUAND IO TILLETT ÉTAIT WALTER
Le parcours personnel de iO Tillett Wright est en outre atypique. Lors d’une conférence Ted en décembre 2012, elle a partagé son vécu: «Quand j’avais six ans, j’ai décidé que je voulais être un garçon. J’allais à l’école et les enfants ne me laissaient pas jouer au basket avec eux parce qu’ils ne laissaient pas une fille jouer. Je suis rentrée chez moi et je me suis rasé la tête, je suis revenue et j’ai dit « Je suis un garçon ». (…) Je ne voulais pas qu’on sache que j’étais une fille et personne ne l’a su. J’ai gardé le secret pendant huit ans. Ici, c’est moi à 11 ans, montre-t-elle tandis que des photos apparaissent, je jouais à être un gamin nommé Walter». iO Tillett Wright, qui insiste sur le fait qu’il s’agit de son expérience et qu’elle n’est pas forcément transposable à tout le monde, raconte que personne, ni à l’école, ni dans son entourage n’a jamais su qu’elle était une fille: «Je n’ai jamais détesté mon corps ou ma génitalité, je ne me suis jamais sentie dans le mauvais corps, j’avais l’impression de jouer un rôle, je ne me serais pas qualifiée de transgenre.» Puis: «À 14 ans, je me suis réveillée un matin, en me disant « Je veux être une fille maintenant ».»

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