C’est une question surprenante que l’utilisateur d’un forum juif très fréquenté a adressée au chef rabbin Yaakov Ariel: «Une fille sympathique s’est montrée intéressée par la location de mon appartement. Elle m’a dit qu’elle avait une relation amoureuse avec une femme. Étant donné son statut marital, existe-t-il une loi juive qui m’empêche de lui louer l’appartement ?» La réponse est édifiante:

«Si les deux femmes veulent louer l’appartement ensemble, refuse. Si seulement l’une des deux veut le louer, tu peux accepter – mais seulement si tu n’as pas de meilleure option.»

RACISME ET HOMOPHOBIE
Pour Sigal Samuel, l’auteure du texte, il y a dans cet échange la preuve que la discrimination au logement existe en Israël, «ce pays qui aime à se présenter lui-même comme un paradis pour la communauté LGBT». Elle lie cet événement avec les politiques racistes menées par des rabbins comme l’interdiction de louer son logement à des Arabes ou à des Ethiopiens. Sigal Samuel explique que les discriminations sont interconnectées, et qu’«une société qui discrimine une minorité en discriminera presque inévitablement d’autres». Elle affiche son soutien au communiqué d’Havruta, une association LGBT de croyant.e.s, qui accuse le rabbin Yaakov Ariel d’homophobie. Cependant, elle estime qu’on passe à côté de la gravité de la situation si on ne lie pas entre elles les discriminations sur le marché du logement.

LA MINISTRE DE LA JUSTICE RÉAGIT
La vague d’indignation suite aux propos lesbophobes du rabbin Ariel aura peut-être un effet positif, selon Sigal Samuel, la journaliste du Jewish daily forward: la ministre de la Justice israëlienne, Tzipi Livni, a demandé à ses experts de préparer un amendement législatif qui définirait la discrimination au logement comme un crime, passible de six mois de prison.

À lire sur le Jewish daily forward.