Whoopi Goldberg s’est longuement entretenue avec le journaliste Chris Azzopardi pour une très belle interview publiée par Between the lines. L’entretien est notamment revenu sur l’admiration que la comédienne voue à une figure de la comédie américaine, Moms Mabley, qui était par ailleurs lesbienne et avec qui elle partage beaucoup de points communs, ainsi que sur les positions pro-égalité que l’actrice a toujours défendu tout au long de sa carrière. Extraits:

– Vous étiez une alliée de la communauté LGBT à un moment où c’était bien plus risqué qu’aujourd’hui. À ce moment, les gens pensaient automatiquement qu’un.e allié.e était quelqu’un qui ne voulait pas faire son coming-out.
– (Rires) C’est ce que les gens croyaient! C’était ridicule. J’étais genre « Euh, non ». Les gens ne comprenaient pas. On voit de sales situations, des choses bêtes, comme des gens qui ont des problèmes et qui comptent pour nous, des gens avec qui on veut être, tous ces trucs qui n’ont rien à voir avec les réalités de notre monde. Celles de celui dans lequel j’ai grandi étaient: c’était mes oignons. Si tu ne fais pas ton boulot, alors je vais grogner. Mais je ne vais pas grogner avec quelqu’un parce qu’il est homo ou parce qu’il est plus gros que moi. À l’époque, ça me paraissait tellement idiot que ce soit là les problèmes des gens.
– En tant qu’alliée qui a eu une longue histoire avec ce mouvement, comment interprétez-vous le rôle que vous y avez joué et l’évolution du fait d’être identifiée comme alliée?
– Je ne sais pas. Personne ne pouvait m’atteindre, alors je sentais que c’était mes amis et ma communauté, et personne n’avait le droit de les juger. Je ne veux pas qu’on me prenne la tête, alors je défends le droit de chacun.e à être soi-même. Ça a toujours été ma bataille. Je crois que les gens ont compris maintenant.(…)
– Les gens ont beaucoup spéculé sur votre sexualité, n’est-ce pas?
– Ouais! Et je veux dire, j’aurais pu être accusée de bien pire, des choses qui auraient pu vraiment m’énerver! Ça, ça n’en faisait pas partie. Ça n’a jamais été le cas. J’ai grandi au théâtre. J’ai grandi dans un quartier où il y avait toujours des homos. Toujours! Alors je n’ai jamais compris pourquoi les gens flippaient pour ça. Tout le monde devient parano pour tout. Ils sont tellement inquiets que les autres pensent d’eux « Oh quelqu’un va croire que je suis homo ». Et alors! Où est le problème?

Difficile de ne pas aborder aussi certaines rôles marquants de sa carrière, notamment celui du film Boys on the side (Avec ou sans hommes, en français):

– Depuis des années, vous avez fait des remarques vagues sur votre sexualité. Par exemple, dans The View [une émission de télévision] en 2009 ce que vous avez dit à Barbara Walters, quand elle a parlé de vous sortant du placard, « Pitié, cette porte est ouverte depuis des années ». Votre sexualité est quelque chose que vous souhaitez garder ambiguë?
– Non, je suis plutôt claire là-dessus. On ne m’a jamais vu avec une femme. À peu près mariée à un homme tooooout ce temps! Pas le même, mais quelques-uns (Rires) Nan, je suis hétéro, mais ça veut dire quoi? Qu’est-ce que ça signifie vraiment?
– Ça signifie que vous avez joué une lesbienne dans Boys on the side et les gens en tirent des conclusions (…) Qu’est-ce qui est le plus homo: jouer une lesbienne ou une nonne qui chante?
– C’est un défi car on doit toujours trouver le truc idéal dans un scénario. Celui dans Boys on the side, c’était à quel point j’adorais Mary-Louise (Parker, qui jouait Robin). Celui de Sister Act c’était vraiment la religion, que chacun.e puisse avoir une relation à la religion et que ce ne soit pas forcément ce que tout le monde pense qu’elle devrait être.
– J’adore votre réponse, mais vous avez mal interprété ma question.
– Je suis désolée, je suis avec mon portable. J’entends que dalle, chéri!

Photo David Shankbone