L’Ilga-Europe sort son troisième Rapport annuel des Droits Humains sur la situation des LGBTI en Europe. Comme les années précédentes, ce rapport vise à mesurer si les droits des personnes LGBTI sont respectés dans les 47 pays du Conseil de l’Europe, ainsi qu’en Biélorussie et au Kosovo, à travers six grandes thématiques («Droit d’asile», «Égalité et non-discrimination», «Violences et propos discriminatoires», «Famille», «Liberté d’association, d’assemblée et d’expression» et «Reconnaissance de l’identité de genre»). Chaque pays reçoit donc une évaluation sous la forme d’un pourcentage.

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DES RÉSULTATS TOUJOURS TRÈS DISPARATES
Le Royaume-Uni (82%) et la Belgique (78%) occupent cette année encore la tête du classement, suivis de l’Espagne (73%) et des Pays-Bas (70%). Les six premiers pays ont accompli de légers progrès durant l’année 2013. Juste derrière la Suède, la France arrive en huitième place, mais n’a pas progressé. Elle conserve une note de 64%, après avoir connu un bond spectaculaire dans le dernier rapport de 2013, grâce à l’engagement 31 du président François Hollande, mais aussi au plan d’actions contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre mis en place par le ministère des Droits des femmes. Toujours aucune avancée cependant en faveur des droits des personnes trans’, ni en direction des demandeurs/euses d’asile LGBT persécuté.e.s dans leur pays d’origine. Enfin, la Russie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la principauté de Monaco occupent une nouvelle fois les dernières places du classement.

VOIR LES ÉVOLUTIONS
Petite nouveauté, un tableau comparatif accompagne la carte, la grille et le rapport et offre désormais la possibilité de connaître les évolutions entre le bilan de l’année précédente et celui de cette année. Un nouvel outil qui permet donc de voir de façon plus nette quels pays mènent une politique pro-LGBTI et ceux qui au contraire régressent dans la défense des droits humains. Parmi les évolutions les plus notables, il faut saluer les progrès de la Bulgarie (+12%) qui a ouvert des droits pour les personnes trans’ notamment afin de faciliter le changement d’état civil, le Montenegro (+20%) avec plusieurs nouvelles lois contre les propos et les violences homophobes et transphobes et Malte avec l’ouverture de l’union civile et de l’adoption pour les couples de même sexe (22%). Des efforts qui enthousiasment Paulo Côrte-Real, co-président du conseil d’administration de l’Ilga-Europe: «C’est très encourageant de voir que des pays comme Malte et le Montenegro font de gros progrès en l’espace d’un an. Cela montre qu’on peut faire beaucoup quand il y a une direction politique, particulièrement lorsqu’elle est combinée à un engagement sérieux de la société civile.»

TROP DE PAYS SOUS LA MOYENNE
Mais au total, 34 pays sur 49 obtiennent une note sous la barre des 50% et le rapport met en garde contre plusieurs menaces: l’adoption de lois visant à criminaliser les personnes LGBTI, ou encore l’émergence de groupes opposés à l’ouverture du mariage pour tous les couples, comme en France en 2013, mais aussi en Croatie et en Slovaquie: «Nous voyons clairement des améliorations dans plusieurs pays qui adoptent des lois et des politiques publiques pour assurer des droits et une protection pour les personnes LGBTI, souligne Paulo Côrte-Real. Mais, comme la carte le montre, il reste énormément de travail à accomplir avant d’atteindre l’égalité complète à travers l’Europe. Trop de pays sont encore sous la moyenne quand il s’agit de fournir une protection élémentaire légale contre les discriminations et les violences.»