Pour assurer la promotion de X-Men: Days of Future Past aux États-Unis, Ellen Page fait la tournée des médias. Ce jeudi 8 mai, elle était ainsi sur le plateau de Stephen Colbert qui a échangé avec la comédienne avec beaucoup d’humour.

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Stephen Colbert: J’ai un problème avec vous: je suis un grand fan, mais j’ai découvert – je ne l’avais pas remarqué et j’ai été très déçu – que vous avez déclaré être ouvertement… Canadienne.

Ellen Page: Je crois que je suis ouvertement Canadienne depuis longtemps. Vous venez de l’apprendre?

SC: Je viens de l’apprendre! Vous aviez quel âge quand vous avez découvert que vous êtes Canadienne?

EP: Depuis toujours, je crois, aussi loin que ma mémoire remonte, je l’ai toujours su.

SC: Quand les gens me proposent d’aller chez Dunkin Donuts [une chaîne de restaurants américaine, ndlr], je leur réponds que je préfère aller chez Tim Hortons [une chaîne de restaurants canadienne, ndlr].
Ces films sur les X-Men, ça parle de gens qui n’ont pas leur place dans la société, du fait qu’on ne les accepte pas, et qu’il faudrait les « soigner » ou les cacher… Ce n’est pas une métaphore ou quoi que ce soit de ce style? Parce que je ne veux pas avoir besoin de réfléchir, je veux juste voir des gens mourir en beauté.

EP: Certaines personnes disent qu’il y a cette métaphore, et je pense que c’est ce qui rend cette saga si populaire. Au-delà du grand spectacle, des effets spéciaux et du côté fantastique, ça reste quelque chose de très humain et tout le monde peut s’y retrouver. Et moi, je m’y retrouve, avec le truc sur le Canada…

SC: Vous avez également déclaré être… Thespienne. Est-ce que ça a été dur pour vous? Avez-vous été acceptée?

EP: Euh… Je… C’est une métaphore?

SC: Je crois que c’est un abus de langage, mais allez-y quand même.

EP: Oui, si vous parlez du fait que je suis lesbienne, oui, faire mon coming-out fut l’un des moments les plus importants et les plus angoissants de ma vie, mais dans le même temps, j’étais excitée et enthousiaste d’en être arrivée à un stade où j’étais prête à le faire et je suis reconnaissante pour le soutien que j’ai reçu.

SC: Vous l’avez fait à un événement organisé par Human Rights Campaign, et tellement de gens ont consulté la page que ça a bloqué les serveurs du site. Vous êtes fière de vous, Ellen Page? Votre coming-out égoïste a détruit les droits humains!

EP: Oui, c’est ce que nous faisons, nous, les homos.

SC: Ça faisait partie du plan, hein? J’ai quand même une question. Pourquoi ne pas avoir attendu de venir sur le plateau de mon émission? Parce que ça aurait fait grimper les audiences. Je vous propose de le refaire et on va essayer une petite mise en scène. Vous n’aurez qu’à lire vos répliques. Alors Ellen, merci d’avoir accepté notre invitation. Est-ce que vous voyez quelqu’un en ce moment?

EP (lisant une fiche): Oui, j’ai commencé à sortir avec un garçon très sympa qui s’appelle Brad.

SC: Oh, c’est vrai?

EP: Non, je suis lesbienne!

SC: QUOI! Je veux dire… Est-ce que Brad est au courant?

Dans la suite de l’interview, Stephen Colbert indique qu’il a beaucoup aimé le film Juno, qui a révélé Ellen Page, et dans lequel elle incarne une lycéenne enceinte qui choisit de garder l’enfant qu’elle porte. «C’est vraiment un très beau message pour le mouvement anti-avortement, a fait remarquer l’animateur avec humour. Permettez-moi de vous remercier!» Et Ellen Page de répliquer: «C’est plutôt d’un film pro-choix parce que Juno explore toutes les possibilités qui s’offrent à elle. Elle réfléchit, elle va dans un centre où l’on pratique des IVG, et elle décide de ne pas le faire parce que sinon, le film aurait été trop court!»

QUI VEUT RENOMMER SON ANIMAL DE COMPAGNIE?
Quelques jours plus tôt, dans le talk-show de Seth Meyers, elle a raconté comment s’était déroulé le tournage de X-Men: Days of Future Past. Elle a ainsi confié que les robots chargés de détruire les mutant.e.s étaient représentés par des balles de tennis pendant le tournage. «J’ai une phobie avec les balles de tennis, a-t-elle confié, avec un sourire en coin. Ça a très bien marché.» Ellen Page sera bientôt à l’affiche de Queen and Country, l’adaptation d’un autre comic book, où elle incarnera une espionne britannique. La journaliste lesbienne Rachel Maddow et l’animateur Seth Meyers ont tous les deux un immense coup de cœur pour cette œuvre et cela a donné des idées à Ellen Page: «Attendez, vous êtes en train de me dire que ça va me permettre de séduire Rachel Maddow?» Un peu distraite par cette nouvelle, l’actrice en a presque perdu le fil de la conversation…

Seth Meyers a ensuite évoqué avec elle l’habitude qu’elle a prise de donner de nouveaux noms aux animaux de compagnie. «L’idée est née d’une amie qui m’a demandé de donner un nouveau nom à ses chiens, même si je ne sais pas pourquoi. Ils avaient des noms bien, mais les miens étaient meilleurs. Et sur Twitter, j’ai dit que j’aimais bien passer mon temps à donner de nouveaux noms aux chiens de mes ami.e.s, alors quelqu’un m’a envoyé une photo de son chien, je l’ai renommé et ensuite, j’ai été inondée de chiens, de chats, de serpents, de hamsters… C’est totalement gratuit, je me sens honorée de le faire.»

http://youtu.be/4Tb2ujK2scU

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CONFIDENCES
Et dans une interview accordée au Hollywood Reporter, la comédienne confie qu’elle aime beaucoup plus prendre le temps de s’habiller maintenant qu’elle a fait son coming-out. Elle peut enfin porter les vêtements qu’elle souhaite sans devoir en discuter avec son agent auparavant. La comédienne a évoqué Freeheld où elle partagera l’affiche avec Julianne Moore dont elle incarne la compagne et change par ailleurs de casquette pour produire une adaptation du roman Into The Forest de Jean Hegland, avec Evan Rachel Wood.


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C’est avec des étoiles dans les yeux qu’elle a par ailleurs évoqué la perspective de se marier et d’avoir des enfants. «Je suis tellement romantique, c’est terrible, a-t-elle glissé. Et je ne pense que je voudrais porter un enfant, mais j’en adorer en élever un. J’adorerais élever un enfant.» Un avenir qui la ravit après plusieurs années de dépression. «J’étais triste, vraiment, a-t-elle confié au magazine. Et c’est évident que c’est quelque chose de très personnel, mais je le dis pour encourager d’autres personnes, quelles que soient leurs émotions. J’étais très triste, à l’écart, j’étais angoissée. Ce n’est plus le cas.»

Sa vie a changé du tout au tout depuis: «Je savais que je serais plus heureuse. Mais je n’avais pas anticipé à quel point je serais tellement plus heureuse et comment tout dans ma vie va beaucoup mieux.» Faire son coming-out n’est toutefois pas une chose aisée et la comédienne a pris le parti de défendre Jodie Foster, qui n’a jamais explicitement dit: «Je suis lesbienne». «Vous n’avez pas idée à quel point c’est dur de vivre ça, a expliqué Ellen Page. Même si les [célébrités] ne disent pas exactement ce que vous attendiez, le fait est qu’il ne s’agit pas de vous.»

DAN SAVAGE A INSPIRÉ SON COMING-OUT
La résolution de sortir du placard lui est venue après avoir vu Dan Savage, le chroniqueur à l’origine du projet It Gets Better, à la télévision. Celui-ci indiquait que faire son coming-out relevait d’une responsabilité à l’égard de la société et d’un impératif moral. Convaincue qu’il avait raison, Ellen Page a contacté son agent, Kelly Bush, elle-même lesbienne et mère de deux enfants avec sa compagne, pour déterminer au mieux comment procéder. Jusqu’ici, Ellen Page avait eu deux relations amoureuses avec d’autres femmes (elle affirme qu’aucune d’elles n’est Drew Barrymore). C’est avec de la tristesse dans la voix que l’actrice a évoqué la difficulté de devoir vivre sa vie amoureuse en secret, de vivre dans une bulle dans sa chambre d’hôtel et de devoir endosser un rôle une fois sortie.

Pour son coming-out, la comédienne voulait que l’attention ne se concentre pas exclusivement sur elle. La conférence organisée par Human Rights Campaign pour les jeunes LGBT a semblé être l’endroit idéal pour cette annonce. Moquée à l’école parce qu’elle était un garçon manqué, elle a connu le fait d’être traitée de «gouine» à la récréation. Aujourd’hui, elle a fait de ces railleries une force et arbore fièrement une casquette sur laquelle on peut lire «TOMBOY» (garçon manqué, en anglais). Quand elle n’est pas prise par le travail, elle prend plaisir à se promener, si possible au soleil, à lire et à aller au cinéma. Une girl next door qui n’en finit pas de séduire par sa simplicité.

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