«Faire de la prévention» et sensibiliser aux discriminations de manière plus globale. Tels sont les leitmotivs de la nouvelle exposition organisée par Jean-Philippe Mauve, professeur et militant de l’association LGBT toulousaine Arc En Ciel, à partir du 31 mai, et jusqu’au 28 juin à l’Espace des diversités et de la laïcité, dans le quartier Saint-Aubin.

Avec le soutien de la mairie de Toulouse, et après une première exposition l’an passé sur le cinéma contre l’homophobie à destination des collégien.ne.s et des lycéen.ne.s, cette année l’accent a été mis sur la littérature jeunesse contre les discriminations, prises dans leur globalité, de l’handiphobie à l’homophobie en passant par le racisme. «Comme je suis prof’, il me semblait intéressant de faire une piqûre de rappel car les enseignant.e.s ont un rôle à jouer dans la lutte contre les discriminations qui fait partie des programmes depuis une circulaire de 2008», explique Jean-Philippe Mauve.

Composée de neuf panneaux à destination des écoliers de grande section de maternelle au CM2, l’exposition se veut thématique et débute par les stéréotypes de genre. «On a essayé de problématiser par discrimination avec derrière un processus réflexif, notamment deux grandes questions posées par chaque panneau». Au total, 32 albums de littérature jeunesse sont donc compilés – 8 pour chaque type de discrimination – après avoir été sélectionnés par un comité de relecture dont une infirmière, un psychologue, deux enseignant.e.s et une militante d’Amnesty International. «C’était important d’organiser cette exposition avec une association qui a fait ses preuves», poursuit le professeur.

«LA PRINCESSE QUI N’AIMAIT PAS LES PRINCES», «TANGO A DEUX PAPAS», ETC.
Sur la question de la lutte contre l’homophobie, huit albums, plus ou moins connus ont été choisis pour illustrer l’homosexualité et l’homoparentalité. «La lutte contre l’homophobie, elle se fait en parlant d’homosexualité et d’homoparentalité», souligne ce militant d’Arc En Ciel Toulouse. On y retrouve donc La princesse qui n’aimait pas les princes – album médiatisé pour son adaptation au théâtre –, Titiritesse, de l’espagnol Xerardo Quintia, «que les enfants aiment beaucoup», Jérôme par cœur, de Thomas Scotto «un garçon amoureux de son meilleur copain, très touchant» et BOUM ! BOUM ! Et autres petits (grands) bruits de la vie de Catherine Lafaye-Latteux «un petit garçon qui pense être amoureux d’une fille», détaille Jean-Philippe Mauve.

«On y explique très simplement l’amour. On parle de princes et de princesses, mais dans la vraie vie ce n’est pas toujours le cas.»

Jean a deux mamans, d’Ophélie Texier, Tango a deux papas, de Béatrice Boutignon, Un air de familles, «album offert à Dominique Bertinotti pendant les débats», et Le fils des géants d’Amnesty international abordent pour leur part l’homoparentalité. «On voulait montrer des familles plurielles qui aiment et protègent comme les autres», précise le bénévole associatif. Il ajoute:

«L’idée, c’est de donner envie aux professeurs d’utiliser ces albums et de les acheter pour qu’ils appartiennent au fonds documentaire de leur école et que leurs élèves les lisent aux autres, car cela reste des œuvres peu connues.»

L’exposition, qui sera inaugurée le samedi 31 mai, peut être réservée par les établissements scolaires et se présente également sous forme de trois valises avec les 32 albums à emporter et à exposer gratuitement dans les bibliothèques-centres de documentation pour les scolaires.

Photo Jean-Philippe Mauve