La journaliste Taina Tervonen et le militant Mathieu Nocent proposent sur leur blog une série d’entretiens pour mieux comprendre en quoi consiste la gestation pour autrui (GPA). Le premier entretien mis en ligne interroge la doctorante en anthropologie Delphine Lance sur la distinction entre GPA «éthique» et GPA «non-éthique». La doctorante s’est rendue en Ukraine et aux États-Unis pour voir sur quels points les deux pays différent.

Au-delà du prix, plus élevé outre-Atlantique, ces deux pays n’abordent pas de la même façon cette pratique. En Ukraine, la GPA est une façon pour les femmes de s’émanciper et d’être financièrement indépendantes, a constaté Delphine Lance. Les femmes s’arrangent avec les différences de position au sein de l’église orthodoxe pour avoir l’aval du clergé et touchent une somme conséquente, qui tranche avec les salaires moyens pratiqués dans ce pays. Aux États-Unis, les femmes qui deviennent mères porteuses sont avant tout dans une démarche de don. Dans la religion comme dans leur entourage, leur acte est encouragé car elles participent ainsi de l’action de Dieu en donnant des enfants à des foyers qui ne peuvent en avoir par d’autres moyens. La somme qu’elles perçoivent est également limitée pour qu’elles ne soient pas en mesure de vivre et de subvenir à leurs besoins grâce à la GPA.

La plupart des conditions requises pour être mère porteuse sont les mêmes d’un continent à l’autre. À la faveur de ses voyages et de ses entretiens avec les mères porteuses, Delphine Lance a progressivement changé de regard et remet aujourd’hui en cause la distinction opérée en France entre les pays à GPA «éthique» et les pays à GPA «non-éthique». À lire sur Sautez dans les flaques.

Photo David Roseborough