«Je ne suis pas une caution», insiste Emmanuel Blanc. Le fondateur et ancien président de GayLib – mouvement de personnes LGBT de droite autrefois proche de l’UMP et désormais associé à l’UDI – vient d’être nommé par Jean-François Copé secrétaire national de l’UMP chargé de la lutte contre l’homophobie. «Je n’ai jamais été une caution, ajoute-t-il. Et GayLib non plus. Nous avons toujours servi à faire progresser les droits des LGBT.»

264e SECRÉTAIRE NATIONAL
Ses nouvelles fonctions au sein du parti n’ont toutefois pas vocation à provoquer de grande révolution au sein du principal parti d’opposition. La PMA ou les droits des trans’ ne relèvent pas du champ direct d’action d’Emmanuel Blanc, reconnaît-il. «Je vais quand même essayer d’agir, assure-t-il cependant. Il n’y a pas que moi, il y a plusieurs voix favorables à l’égalité des droits à l’UMP.» Et le nouveau secrétaire national de citer Sébastien Chenu, Nathalie Fanfant, Benoist Apparu ou Franck Riester. Mais comment se faire entendre dans un parti où il n’est que le 264e secrétaire national? «Je suis le seul à avoir un sujet, les autres n’ont pas d’attribution», fait remarquer Emmanuel Blanc, qui a apparemment oublié que ses confrères et consœurs sont entre autres chargé.e.s de l’entrepreunariat des jeunes, des fédérations professionnelles, de la mer, du littoral, de la gouvernance du Grand Paris ou encore de la sécurité. Concrètement, Emmanuel Blanc ne disposera pas de plus de moyens que les autres. Il bénéficiera comme ses pairs du service presse du parti et de salles de réunion, indique-t-il. Il confie par ailleurs qu’il «n’est pas d’actualité de créer un groupe LGBT-friendly» au sein de l’UMP.

Même s’il ne prévoit pas d’empiéter sur les plates-bandes des opposant.e.s à l’égalité des droits, sa nomination a été mal perçue par la «Manif pour tous» et ses affidé.e.s.

«JE NE SUIS PAS LÀ POUR DIVISER»
Interviewé par le Figaro, le député Philippe Gosselin est «dérangé» par le profil pro-PMA d’Emmanuel Blanc et l’estime peu clair sur la GPA – le nouveau secrétaire national a précisé à Yagg qu’il n’était «pas favorable à la GPA à titre personnel». Le député aurait préféré que soit nommée une personnalité «plus neutre et moins médiatique». «C’est pourtant la preuve que Jean-François Copé voulait agir sur ce sujet, le défend Emmanuel Blanc. Il n’a pas nommé une personne dans le placard ou moins médiatique parce que c’est important. Il n’est pas homophobe. Alors que Xavier Bertrand et Patrick Devedjian n’avaient rien fait contre Christian Vanneste, Copé lui a retiré l’investiture.»

Emmanuel Blanc ne comprend pas les attaques à son encontre des opposant.e.s à l’égalité des droits: «Quand j’ai vu le message, j’ai halluciné. Puisque la « Manif pour tous » se défend d’être homophobe, qu’ils travaillent avec moi! Je ne suis pas là pour diviser.» Mais comment une personne chargée de la lutte contre l’homophobie peut-elle en toute cohérence travailler avec ce mouvement? «Les gens de la « Manif pour tous » ne sont pas tous homophobes, ce sont des individus. Il y a des homophobes, mais il n’y a pas que ça. Et c’est avec les personnes de bonne volonté que je veux travailler, et je pense notamment aux membres de Sens Commun

L’action d’Emmanuel Blanc se tournera pour l’essentiel vers la création de chartes dans les mondes du travail et du sport ainsi que vers une sensibilisation aux questions LGBT des établissements et des personnels destinés à accueillir des retraité.e.s.

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