«Révoltée». Par ce terme, l’Association des familles homoparentales résume bien l’état d’esprit des associations LGBT après le rejet par le tribunal de grande instance de Versailles de deux demandes d’adoption formulées par des femmes mariées à d’autres femmes, dans le cadre d’adoption intrafamiliales (lire À Versailles, le TGI refuse une adoption intrafamiliale pour cause de PMA).

L’exaspération de l’ADFH vient s’ajouter à celle des Enfants d’arc en ciel, par qui l’information est arrivée, et d’Homosexualités et Socialisme (HES). «Jusqu’à présent, aucun jugement n’est venu interdire l’adoption par un nouvel époux d’un enfant conçu en Belgique par une femme célibataire hétérosexuelle, remarque l’association dans son communiqué. Dans le cas présent, c’est l’homosexualité des requérantes qui fait surgir l’argument de la PMA devenu prétexte du refus.»

Pour sa part, l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans’ (Inter-LGBT) qui représente près de 60 associations, exige d’être reçue en urgence par le Président de la République François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et la Garde des Sceaux Christiane Taubira «afin que des réponses adaptées soient apportées au plus haut niveau de l’État à cette situation dramatique». «Nulle ne devrait avoir à adopter son propre enfant!», s’indigne l’Interassociative, qui rappelle qu’elle avait déjà soulevé le problème il y a quelques semaines, dans une tribune publiée par Le Huffington Post. «Laisser perdurer la situation actuelle ne serait que laisser ressurgir la catégorie de la « filiation illégitime »: autrefois elle désignait les enfants nés hors mariage, elle pourrait désigner désormais les enfants nés hors famille hétérosexuelle», écrivaient Marjorie Monni et Thomas Linard, porte-parole de l’inter-LGBT chargé.e.s des questions Familles. Aujourd’hui, les porte-parole insistent:

«La loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de même sexe est incomplète, c’était un aveuglement ou un choix délibéré de la part des décideurs politiques de prétendre le contraire. Aujourd’hui, la preuve est faite! Cette loi a entériné la résurgence d’une catégorie de sous-citoyens, similaire à l’ancienne catégorie des bâtards que l’on croyait abolie: les enfants des familles homoparentales.»

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