Certains de ses concitoyens la surnomment «la papesse des homos». Dans un entretien fleuve au magazine LGBT suisse 360°, publié mardi 29 avril, Alice NKom, avocate et plus fervente défenseuse des droits humains et des homos au Cameroun et, plus globalement en Afrique, revient sur la situation des lesbiennes, gays, bi.e.s et trans’ dans son pays où l’Église catholique pèse sur la vie sociale, politique et médiatique.

Sur les récentes sources de l’homophobie au Cameroun, on y apprend notamment que «c’est l’Église catholique qui a mis le feu aux poudres et lancé la croisade anti-gays, à travers Monseigneur Victor Tonyé Bakot, explique-t-elle. Durant la messe de fin d’année, en 2005, face à un auditoire important, cet archevêque de Yaoundé a tenu des propos ouvertement homophobes.» Alice Nkom poursuit: «Le discours de l’archevêque a suscité un tsunami médiatique. Les jours qui ont suivi, les journaux ne parlaient que de ça. Plusieurs listes de noms d’homosexuels présumés travaillant dans l’administration ont été publiées, sans aucune éthique déontologique.»

«Les gens achetaient les photocopies des journaux à prix d’or. Les rumeurs fusaient. On entendait dire qu’un tel était homo. La conséquence a été d’apporter beaucoup de troubles dans les familles, notamment chez les enfants dont le nom du père apparaissait dans les journaux.»

Une interview décomplexée où l’avocate se montre combattive. «Le combat continuera et on ne lâchera jamais», confie-t-elle.

À lire sur 360°.

Photo Capture