Égalité des droits, France, Homoparentalité, Société | 29.04.2014 - 12 h 57 | 0 COMMENTAIRES
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Ulcérées, les associations LGBT critiquent la «trahison» du gouvernement sur la question de la PMA

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Dimanche 27 avril, depuis le Vatican, le Premier ministre avait assuré que le gouvernement s’opposerait à tout texte ou amendement sur la PMA «jusqu’à la fin de la législature» en 2017.

Pouvait-on creuser plus profondément le sillon dans lequel la PMA était déjà bien enterrée? Dimanche 27 avril, alors qu’il assistait à la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II au Vatican, le Premier Ministre Manuel Valls, interrogé par Le Figaro, a réaffirmé que le gouvernement s’opposerait à tout texte ou amendement de la majorité sur la PMA «jusqu’à la fin de la législature». Autrement dit, jusqu’en 2017. Des propos qui corroborent les déclarations de la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, invitée du 12/13 Dimanche de France 3, où elle a soutenu que la question de la PMA «n’était plus à l’ordre du jour» et qu’elle ne préoccupait pas «de façon majoritaire les Français».

De son côté, comme si ce n’était pas suffisamment clair, Laurence Rossignol, secrétaire d’État à la Famille, qui, dans une interview à Metronews le 23 avril , considérait déjà que le moment n’était pas à «légiférer» sur la PMA, recevait lundi 28 avril, les opposant.e.s à l’égalité des droits. De quoi donner de nouveaux gages de légitimité au mouvement de la «Manif pour tous» qui s’est immédiatement réjoui de sa rencontre avec la secrétaire d’État et, notamment, du renoncement clair du gouvernement sur la PMA. Ludovine de la Rochère, invitée sur le plateau du Grand Journal de Canal+ lundi soir, y a d’ailleurs réitéré sa satisfaction.

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur La Manif pour tous rassurée sur la PMA mais reste "en alerte"

«LE GOUVERNEMENT SE TROMPE»
Excédées, les associations LGBT ont donc fait entendre leur voix et ont réagi dans la foulée aux propos de Manuel Valls et de ses ministres. Pour la Fédération des associations et des centres LGBT d’abord, «le gouvernement se trompe».

Dans un communiqué du 27 avril, l’organisation, au ton combattif, soulève «le retard de plus en plus flagrant de la France sur les questions de société» et appelle à «reprendre l’offensive» pour ouvrir l’accès à la PMA aux couples de femmes, notamment lors des prochaines marches des fiertés en juin. «N’en déplaise à Mme Marisol Touraine, qui n’est pas près d’être canonisée par le mouvement LGBT, nous voulons l’égalité, en bloc, en particulier la PMA pour toutes les femmes», conclut la Fédération. Même topo pour Les Enfants d’Arc en ciel. Lundi 28 avril, l’association s’est fendue d’un communiqué frondeur en rappelant ironiquement au Premier ministre «de ne pas oublier son pied gauche» sur la question de l’égalité.

«L’égalité des droits, c’est maintenant», lance pour sa part SOS homophobie dans un autre communiqué du 29 avril par l’intermédiaire de son président Yohann Roszéwitch. L’association, qui rappelle que la PMA, «promesse oubliée», faisait partie des engagements de campagne de François Hollande pour l’élection présidentielle de 2012, critique notamment la posture d’apaisement voulue par le gouvernement. «Nous attendions du nouveau gouvernement du courage et de la détermination sur cette question. Il n’en est rien». Yohann Roszéwitch poursuit:

«Le rôle du gouvernement est-il aujourd’hui de répondre uniquement à celles et ceux qui manifestent avec force dans la rue contre l’égalité des droits? Frigide Barjot parle aujourd’hui de “victoire”, tandis que Christine Boutin rappelle son désir de voir abrogée la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe.»

«UNE TRAHISON» ALORS QU'IL Y A «URGENCE SANITAIRE»
L’Inter-LGBT, très remontée, parle de «trahison» en ce qui concerne les renoncements du gouvernment sur la question de la PMA. «Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, depuis le Vatican, que le gouvernement s’opposera à tout texte ou amendement sur la PMA jusqu’en 2017, écrit l’association. L’Inter-LGBT lui répond, depuis la France républicaine et laïque, que les personnes LGBT ne sont pas des pigeons que l’on peut appâter tous les cinq ans, une promesse à la fois.» Et d’ajouter:

«La question de la PMA pose celle du droit des femmes à disposer de leur corps et à décider de leur maternité, elle n’est pas un sujet que l’on peut jeter en pâture aux réactionnaires.»

Reçue le 25 avril par Laurence Rossignol, l'Apgl – Association des parents gays et lesbiens – interpelle dans son communiqué du 29 avril le Premier ministre Manuel Valls à la suite de ses déclarations depuis le Vatican, en rappelant que la PMA est «une urgence sanitaire, une urgence de justice et même un impératif de simple logique!». «En refusant d’ouvrir la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes célibataires et aux couples de femmes lesbiennes, le gouvernement (…) encourage les pratiques clandestines à fort risque sanitaire et vital pour les femmes et leurs bébés, et devient responsable des risques sanitaires potentiels», renchérit l'Association des familles homoparentales (ADFH) qui «enjoint le nouveau gouvernement à la responsabilité, au courage et à la détermination dont il ne cesse de clamer l’usage».

Photo Xavier Héraud

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Journaliste Yagg. Observe les gauches, les mouvements sociaux et les Amériques. Musique & chocolatine.
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