Les associations LGBT ne sont pas les seules à être ulcérées par le peu d’importance accordé par les membres du gouvernement aux revendications d’accès à la PMA pour les couples de femmes. Alors que nombre d’autres thèmes, au premier rang desquels le «Pacte de responsabilité», occupent les politiques, le Parti de Gauche et Europe Écologie Les Verts (EELV) ont trouvé le temps d’avoir un avis sur la question, mettant à mal la croyance populaire qui veut que la vie politique ne puisse être consacrée qu’à un sujet à la fois.

«En assistant à la canonisation d’un pape homophobe et sérophobe, Jean-Paul II, qui restera dans l’histoire pour ses positions obscurantistes, misogynes et criminelles sur le refus du préservatif, M. Valls piétine ainsi tout à la fois les personnes LGBT et leurs familles, les Français.e.s épris d’égalité, celles et ceux pour qui la laïcité sont des repères», s’indigne le Front de gauche dans un communiqué signé de Patrick Comoy, tête de liste aux municipales à Paris, dans le VIIIe arrondissement, et de Delphine Beauvois, candidate aux élections européennes pour l’Ile de France

Le communiqué n’est pas plus tendre avec Laurence Rossignol, accusée de faire «le service après-vente des renoncements gouvernementaux sur le féminisme, les droits des lesbiennes et ceux des trans’» auprès de la «Manif pour tous».

«Le Parti de Gauche, membre du Front de Gauche, rappelle que l’égalité sociale va de pair avec l’égalité civique de toutes les familles. Il a pris note avec grand intérêt des nombreuses propositions du rapport coordonné par Irène Théry, pourtant enterré par le gouvernement qui l’avait commandé, notamment l’ouverture à toutes les femmes de la PMA, la consolidation du statut de coparent, et la simplification des démarches pour permettre à toutes les familles de vivre dans leur diversité», poursuit le texte.

De leur côté, interrogé.e.s par Le Figaro, le député EELV Sergio Coronado et la sénatrice EELV Esther Benbassa réaffirment la volonté de leur parti de remettre la PMA à l’ordre du jour. «La PMA , c’est une patate chaude dont le gouvernement voudrait se débarrasser, et il le fait de la pire manière qui soit», regrette Sergio Coronado, qui rappelle que Marisol Touraine a un temps défendu une PMA «accessible à tou.te.s» et que Manuel Valls a eu «à une époque des déclarations extrêmement libérales sur la gestation pour autrui».

S’agaçant qu’il faille «attendre que la société soit prête» alors que les Française.es «se disent favorables à la PMA dans les sondages», le député précise qu’une proposition de loi sera déposée «au plus tard» le 7 mai pour être discutée peut-être en janvier – la décision de l’inscrire à la niche parlementaire du groupe sera prise en juin. Reste à savoir ce que contiendra réellement le texte, puisque «certains sénateurs ne veulent pas l’ouverture de la PMA pour les femmes célibataires», précise Esther Benbassa, qui souligne que «comme elles peuvent déjà adopter, cela semble logique de leur ouvrir la PMA».

Plaidant pour «un vrai débat», les deux parlementaires indiquent qu’il n’est pas impossible que des amendements PMA soient déposés lors de l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant, à partir du 19 mai prochain.

Photo Yagg (manifestation de Oui Oui Oui à la Marche des Fiertés 2013)