Il y a une dizaine de jours, Laure Pora, présidente de l’association de lutte contre le sida, a été mise en examen pour injures publiques contre la «Manif pour tous». Une décision qui fait suite à une plainte déposée par les opposant.e.s à l’égalité des droits au lendemain d’une action d’Act Up-Paris à leur encontre.

Le 4 août 2013, une dizaine de militant.e.s de l’association avait zappé le siège de la fondation Jérôme-Lejeune, dont Ludovine de la Rochère est la directrice de communication, en jetant du faux sang sur sa façade et en placardant des affiches montrant le visage de la présidente de la «Manif pour tous» barré de l’adjectif «Homophobe». Indigné.e.s, les opposant.e.s à l’égalité des droits avaient donc décidé de riposter en déposant une plainte contre Act Up-Paris. Le Parti chrétien-démocrate, dont Christine Boutin est présidente d’honneur, était allé jusqu’à demander la dissolution de l’association. Le 13 août, les Hommen avaient de leur côté répliqué en zappant à l’identique le local d’Act-up Paris dans la XIe arrondissement de Paris tout en qualifiant l’association de «pornophile» ou d’«handiphobe».

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Act Up-Paris zappe la Fondation Jérôme-Lejeune et la Manif Pour Tous.

Mais Act Up-Paris peut-elle être condamnée pour injures publiques et pour avoir qualifié Ludovine la Rochère et la «Manif pour tous» d’«homophobes»? Dans une décision du 18 février 2014, la Cour d’appel de Paris n’a pas condamné le sénateur PS Jean-Pierre Michel qui avait qualifié d’homophobe la «Manif pour tous» dans un courrier qu’il a rendu public. Les juges n’ont donc pas considéré qu’il y avait diffamation de la part de l’élu, tout en reconnaissant que ces propos pouvaient être une injure. «Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure», précise l’arrêt.

Pour autant, l’avocat d’Act Up-Paris, Jean-Didier Vogeli, est catégorique: «À partir du moment où on est contre le mariage pour tous, on est homophobe en droit». Prudent, il poursuit: «Vous savez, on n’est jamais confiant. On n’en est qu’au stade de l’instruction: le procès n’aura pas lieu avant un an.» Le temps pour Laure Pora, Act Up-Paris et leur avocat d’établir une stratégie de défense pour débouter une nouvelle fois les opposant.e.s à l’égalité des droits qui se sont réjoui.e.s de l’annonce de la mise en examen par Le Figaro, hier au soir sur Twitter.

Un coup dur de plus pour l’association de lutte contre le sida créée en 1989 qui connaît une grave crise financière et lutte pour sa survie.

Photo Capture