Après le succès de son annuaire «Avocats Gay-Friendly» Stéphane Cola, concepteur de sites internet, se lance, lui et son équipe, dans le recensement des médecins gay-friendly. Seulement, une différence notoire entre les deux professions vient compliquer la tâche, leur droit de promouvoir leur activité.

Si les médecins peuvent apparaitre sur des listes, c’est à la seule condition qu’elles soient établies selon deux critères: la spécialité du médecin et sa localisation géographique. Tout autre critère serait considéré comme de la publicité déguisée. La même problématique se pose pour les notaires qui ne peuvent se faire de concurrence et ne peuvent faire aucune publicité.

Selon Stéphane Cola, la demande est conséquente. «D’après Google, 14 000 personnes tapent chaque mois les mot-clefs ‘médecin gay’». Les personnes qui n’osent pas aller voir leur médecin de famille ou qui ne souhaitent pas confier toute leur intimité à un parfait inconnu sont très nombreuses. Sans toutes les informations sur un patient, le médecin ne peut établir un bon diagnostic. Certain patients peuvent rester très longtemps sans aller voir un médecin par manque de confiance.

 «Un garçon est resté des mois avec une infection anale parfaitement bénigne si elle est prise en charge rapidement. Il a souffert pendant des mois parce qu’il ne voulait pas montrer ses fesses à n’importe qui. Il a tenté de s’autodiagnostiquer via des forums, sans succès. Sans nos services, il n’aurait jamais eu de diagnostic correct. C’est pour ça qu’avec son médecin la confiance, c’est primordiale»

Lorsque le problème est présenté sous cet aspect à l’Ordre des médecins, ce dernier se montre compréhensif selon Stéphane Cola, mais reste pieds et poings liés par les règles strictes qui encadrent la profession.

Une solution a finalement vu le jour. Grâce au réseau d’avocats gay-friendly, qui de manière bénévole et militante et tout en respectant l’éthique des médecins, une amorce d’annuaire s’est constituée. En remplissant un formulaire sur le site medecin-gay-friendly.fr, les patients sont guidés par l’équipe du site vers le médecin le plus proche. Plus aucune promotion ne peut être soupçonnée puisque c’est selon les besoins de la personne que les médecins sont désignés. Seulement voilà, le site doit faire face à de nombreux déserts médicaux.

Effrayés par les premières discussions avec l’Ordre des médecins, ou simplement ignorants de l’existence de l’annuaire, les médecins qui souhaitent participer à cet annuaire se font rares. Trente demandes de patient.e.s sur les 40 quotidiennes ne peuvent être traitées. «Ça nous fait mal au cœur de ne pas pouvoir répondre à ces demandes», admet Stéphane Cola.

Même dans les grandes villes comme Paris ou encore Nantes… les médecins gay-friendly ne se font pas connaitre. Alors que Stéphane Cola aimerait voir son site devenir, à l’image de celui consacré aux avocats, un véritable réseau de médecins s’échangeant des données, des expériences allant même jusqu’à se rendre des services quand l’un ne peut répondre à la demande d’un patient, les réponses négatives du site se multiplient encore chaque jour.

Signalons qu’il existe également une association qui regroupe des médecins gay friendly, l’AMG. Elle a été créée dès le début des années 80.