Le juge David King a officiellement reconnu hier, mercredi 23 avril, le changement d’état civil de Chelsea Elizabeth Manning. Pour avoir transmis à Wikileaks près de 700 000 documents militaires classés confidentiels, Chelsea Manning a été condamnée, sous le nom de Bradley Edward Manning, à une peine de 35 ans de prison en août 2013, qu’elle purge au Fort Leavenworth. C’est suite à cette condamnation qu’elle a fait son coming-out trans’.

UNE VICTOIRE EN DEMI-TEINTE
L’armée ne s’est pas opposée à son changement d’état civil, mais même si son nom féminin apparaîtra désormais dans les dossiers, cela ne signifie pourtant pas qu’elle sera considérée comme une femme. Elle ne pourra par exemple pas être transférée dans une prison pour femme, ni avoir accès à une hormonothérapie comme elle en avait fait la demande. «L’accès à un conseiller spécialisé dans les questions de genre et les thérapies hormonales est habituellement le premier pas quand un individu commence à poursuivre un traitement pour une dysphorie de genre, a affirmé Emma Cape, qui est membre du Chelsea Manning Support Network. Chelsea souhaite avoir accès à un.e conseiller.e qui pourra la guider dans ce processus, l’aider à décider des traitements additionnels qu’elle voudra ou non suivre.»

UN PREMIER PAS
Chelsea Manning s’est aussi exprimée suite à cette décision de justice: «Je crois vraiment que les choses peuvent – et vont certainement pouvoir – changer pour le mieux. Il y a tant de gens en Amérique qui sont prêts et qui veulent aborder les questions relatives aux trans’. J’espère que ce changement de nom, qui est lourd de sens pour moi, pourra aussi faire savoir que nous, les personnes trans’, existons en Amérique aujourd’hui, et que nous devons franchir des difficultés chaque jour pour être ce que nous sommes. Si je réussis à obtenir l’accès aux soins médicaux, ce ne sera pas seulement ce que j’ai longtemps voulu, mais cela ouvrira la porte pour tant de personnes, à la fois dans l’armée et en dehors, pour demander le droit de vivre ouvertement une vie épanouie.»

Portrait Alicia Neal