Où en est-on de l’acceptation de l’homosexualité en Corée du Sud? Bien loin des signes encourageants à Taïwan ou au Vietnam, la société sud-coréenne évolue très lentement sur le sujet, notamment sous la pression des très influentes églises évangéliques. C’est ce que rapporte Philippe Mesmer, correspondant du Monde à Tokyo, dans son dernier post de blog.

«En Corée du Sud, l’amour ne peut être qu’hétérosexuel. Enfin, selon le très officiel Institut de la langue coréenne», relate le journaliste. «Le 31 mars, l’organisme a modifié l’une des définitions au mot “amour” dans son Grand dictionnaire en ligne. L’amour (사랑, “sarang”) y est défini comme un attachement à sa famille, à son pays, à ses amis. Il est par ailleurs présenté comme “sentiment d’affection entre un homme et une femme”», poursuit-il.

«Cette neutralité de genre décidée en 2012 n’a pas plu aux très puissantes et influentes églises protestantes coréennes. Pour elles, la définition de l’amour fondé sur un lien entre deux personnes sans précision de leur sexe s’apparente à la défense de l’homosexualité.»

Malgré la plus grande visibilité des personnes LGBT dans les médias, la société sud-coréenne reste profondément «conservatrice et marquée par la morale confucéenne.» Et seul.e.s 39% des Coréen.ne.s soutiennent l’ouverture du mariage aux couples de même sexe selon un sondage de 2013.

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Photo J. Patrick Fischer