L’entraîneur du club londonien d’Arsenal Arsène Wenger s’est exprimé sur les discriminations dans le numéro de mai du Arsenal Magazine, notamment à travers le récent coming-out de Thomas Hitzlsperger. Il a en effet affirmé qu’il restait encore du travail à accomplir pour que le football devienne un sport où chacun.e est accepté.e quelque soit son orientation sexuelle. Il a ainsi salué la démarche du joueur allemand, aujourd’hui retraité: «J’ai trouvé ça courageux et je pense que normalement on ne devrait pas à avoir à en parler. Ce serait bien si quatre, cinq, six personnes faisaient leur coming-out et qu’ensuite on n’en parle plus car les gens verraient alors que chacun vit sa vie comme il l’entend.

Il ne pouvait pas faire son coming-out pendant sa carrière, ce qui veut dire que nous avons des progrès à faire de notre côté parce qu’il n’aurait pas du avoir à attendre qu’elle soit terminée. Mais globalement il n’aurait pas du avoir à faire son coming-out du tout, parce que cela devrait être considéré comme quelque chose de normal.»

«IL Y A ENCORE DU TRAVAIL»
Selon lui, l’homosexualité d’un joueur ne devrait pas avoir de conséquences sur sa carrière: «C’est faux de croire ça, votre valeur chute seulement si vos performances chutent.

Je pense que dans la compétition, on doit voir ce qui est important, et c’est ce qui se passe sur le terrain et comment les gens se comportent quand ils jouent. Après, ce n’est pas notre boulot de savoir ce qu’ils font dans leur vie privée et la valeur d’un joueur est estimée seulement grâce à son attitude et sur ses performances.»

Arsène Wenger affirme néanmoins que le jour où l’orientation sexuelle d’un joueur ne sera pas un sujet d’actualité n’est pas encore arrivé: «Je ne sais pas si nous en sommes proches mais nous avons sans aucun doute des étapes à franchir avant d’y être. Il y a encore du travail.» Il rappelle en outre que l’homophobie est une cause plus complexe à combattre que le racisme, qui est plus visible: «On ne peut pas lutter pour une cause alors que personne ne fait son coming-out.»

UN CLUB DE SUPPORTERS LGBT, LES GAY GOONERS
Considéré comme un des meilleurs entraîneurs au monde, Arsène Wenger n’a pas manqué de mentionner dans cette interview le club des supporters LGBT d’Arsenal, les Gay Gooners. «Je suis très fier qu’Arsenal continue de se battre contre ses discriminations, a-t-il ajouté. Arsenal est reconnu et respecté pour deux choses – le respect des traditions et le fait que nous essayons toujours de progresser. Je crois que ce genre de choses montre que l’on peut faire les deux.» Constitué début 2013, le club des Gay Gooners compte aujourd’hui 90 membres et mène des actions pour promouvoir le respect et la tolérance dans le milieu du football.

Via Gaystarnews.

Photo Ronnie Macdonald